"Je suis contre vous, plutôt que pour eux."

Consider Phlebas (Une forme de guerre en version française) est le tome un du cycle de la Culture de Iain M. Banks. Il est réputé pour être le moins bon tome de cette série de livres. C'est donc sans surprise que The Player of Games (L'Homme des jeux) a été publié en premier dans nos contrées. Sachant cela, je me suis dit que si j'accrochais à l'opus dont il est question ici, j'adhèrerais forcément à la suite. Le livre est peut-être en dessous des suivants (que je vais lire prochainement), mais cela n'en reste pas moins un très bon roman de science-fiction. Il est apparemment plus sombre que les suivants, ce qui est sûrement dû au personnage que l'on suit et à son passif avec la société futuriste représentée. Sans surprise, j'ai la collection en version originale (donc en anglais). Je ne peux alors pas juger de la qualité de la traduction, qui n'est apparemment pas toujours uniforme entre les différents romans (d'après ce que j'ai pu lire).

Le livre s'ouvre sur un vaisseau piloté par un Mind (une Intelligence Artificielle autonome) qui essaie de s’échapper du territoire des Idirans (des ennemis de la Culture, la société utopique qui donne son nom au cycle) et réussit à s’enfuir (après avoir explosé), vers Schar’s World et plus précisément une des Planets of the Dead. La recherche de cette IA va être le fil rouge de l'histoire, car elle représente un atout décisif dans la guerre Culture/Idiran, pour des raisons que vous découvrirez pendant votre lecture.

Banks introduit ensuite les deux personnages clés du scénario: Bora Horza Gobuchul , un Changer (comprendre qu'il peut changer son apparence) agissant pour les Idirans est prisonnier sur Sorpen. Perosteck Balveda (une agente de la Culture) l'interroge en compagnie d'un haut placé avant qu'il ne réussisse à s'enfuir. C'est alors que va s'enclencher un jeu du chat et de la souris entre les deux protagonistes qui vont voyager dans différents lieux de la Culture, dans le but final de récupérer le Mind en premier.

Il y a beaucoup de moments mémorables dans les multiples endroits que le Changer va être amené à visiter malgré lui (grâce au vaisseau mercenaire Clear Air Turbulence). Je pense notamment au temple de la lumière, au megaship et à l'île des Eaters (je vous laisse découvrir ce qu'ils mangent) sur la Vavatch Orbital, ou encore aux CGS (Culture General Systems).

J'ai particulièrement apprécié les apartés avec Fal’Ngeestra et le drone Jase (chapitres appelés State of play), qui montrent la facette paisible de cette société futuriste. J'espère d'ailleurs que c'est un élément davantage développé dans les tomes suivants, même si je conçois que cette vie douce doit être difficilement trépidante.

L'intérêt profond de ce roman est sans conteste la réflexion sur la Culture et leur manière d'imposer leur vision dans leurs rapports antagonistes. Elle est faite au travers des traits d'esprit d'Horza, dont un de ses dialogues a donné le titre de cette critique. La Culture vit dans l’opulence et l’abondance, mais ne peut contrer le problème de se sentir inutile. C’est une histoire de but, mais aussi de zèle, qui fait que les Idirans se battent.

Pour ceux qui aiment les fins bien clôturées, vous serez gâtés. Vous aurez le droit à un bilan général du conflit, ainsi qu'à un dramatis personae sur ce que deviennent les personnages importants du scénario.

Vous aurez certainement compris que j'ai beaucoup apprécié ce premier aperçu du cycle majeur de Banks. Je suis bien heureux d'avoir commencé par celui-ci, car je sais que cela ne fera que s'améliorer avec les lectures suivantes. Si vous aimez la science-fiction avec des aventures dans l'espace et des réflexions captivantes, je vous le recommande.

Kriemfield
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le 23 mars 2025

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