Ceci n'est pas un livre érotique
Après le succès de L'élégance du hérisson, je me suis demandé ce que pouvait bien écrire cet auteur. Esquivant donc le livre phare, je me suis orienté vers Une gourmandise, petit livre alléchant qui attisa ma curiosité.
L'étonnant, c'est la facilité avec laquelle Barbery traite un sujet pointu qu'est la gastronomie. Je me suis demandé, en lisant la quatrième, à quel point il était difficile de parler tambouille sans épingler des recettes en pagaille, l'une après l'autre. Entendons-nous, j'aime bien manger. Mais qu'on ne me parle pas de recette, par pitié. Je commence, donc.
Le récit est axé sur le souhait d'un mourant, grand gastronome au comble du désespoir puisqu'incapable, au moment de casser sa pipe, de retrouver cette saveur perdue, qui vient le tourmenter et fouille ses papilles. L'homme va donc parcourir ses souvenirs gustatifs, en différents lieux et en des temps passés, égrainant toutes les pistes, envisageant les moindres nuances.
C'est très bien écrit, très léger et très bien documenté, très certainement. Le livre fait saliver, il évoque également une sorte de nostalgie pour la tambouille familiale.
A vrai dire, et pour faire un parallèle grossier, ce livre est une sorte de slow-mo de la scène grandiose de Ratatouille lors de laquelle le critique redouté se voit catapulté dans ses souvenirs et dans la ratatouille de sa môman. Avec quelques angoisses tout de même, il faut bien le dire, puisqu'éventuellement le grand et gros gourmand ne pourra point goûter une toute dernière fois à la saveur exquise.
Je me dois de spoiler, très légèrement disons. Si vous n'avez pas lu fuyez vite, polissons. La fin de ce livre n'est pas bon enfant, n'est pas si facile, elle est simplement juste, agréable à découvrir. Une saveur retrouvée pour une vie donnée, le principe est sympa.
Très madeleine de Proust, mais assez bien ficelé, Une gourmandise est un bon livre de transat, l'été. Ce n'est pas de la grande littérature, mais le style est présent, c'est très divertissant.