Le style de Zola, précis, méticuleux et exhaustif, n'est absolument pas adapté à une histoire d'amour inintéressante impliquant une veuve bourgeoise banale, un médecin osef et un entourage de bourgeois véniels et sans aucune once d'intérêt. Son écriture est gâchée sur une telle banalité, et on se retrouve à souffler d'ennui sur certaines de ses descriptions, qui sont pourtant sa force. Sa façon d'utiliser Paris comme un personnage est la seule éclaircie de ce livre, qui aurait dû être 20 fois plus court.
Je rajouterai un écueil supplémentaire, et pas des moindres: la dimension moraliste et religieuse du texte est carrément rétrograde. Une bourgeoise sans intérêt menant une vie ennuyeuse à souhait, décide de s'adonner à une liaison adultère avec un médecin plutôt que de refaire sa vie avec un bourgeois banal, soutenu dans sa proposition de mariage par l'abbé du coin. Cette décision a une conséquence néfaste directe:
Un fossé se creuse entre elle et sa fille, parce que la mère n'a pas été là à un certain moment. Ce fossé se traduit par la mort de la petite fille, qui était de constitution fragile et qui a été négligée par sa mère ainsi que la servante de la maison pendant quelques heures, juste ce qu'il faut pour signer son arrêt de mort.
Cette conséquence néfaste apporte un sous-texte moral au récit qui est de très mauvais goût dans une histoire d'amour, même si cette histoire est un adultère entre un médecin marié et une mère de famille veuve. Pire qu'un cheveu dans la soupe, elle colore le roman d'un élément moraliste qui n'a rien à faire là et qui fait passer Zola pour un fanatique religieux, considérant qu'un tel adultère mérite une punition capitale. C'est très loin des standards d'écriture du romancier, qui nous a habitué à un conséquentialisme plus subtil, et surtout, bien plus nuancé d'un point de vue de la dimension morale.