J'ai une relation difficile avec Fred Vargas. Ses premiers livres m'avaient intrigué, puis séduit. Sans doute plus du fait de l'élégance d'une écriture précise et légère et d'un refus inhabituel de se plier aux règles de la logique, qui fondent le roman policier au moins depuis Sir Arthur Conan Doyle, que grâce à leurs énigmes elles mêmes. Et puis, inévitablement, au fil des années et de romans qui me semblaient exploiter l'exact même filon d'une manière de plus en plus stérile, l'irritation a crû en moi. Sur la Dalle, catastrophique, avait marqué ce que je pensais être une rupture définitive avec Vargas... jusqu'à ce que des recommandations d'amis me poussent à ouvrir cet Une unique lueur...

... et que, surprise, surprise, je me retrouve à me délecter au long de ces 300 pages qui appliquent pourtant la même "recette" (fantaisie + poésie + intuitions + inspiration) à de nouvelles exactions d'un serial killer lettré et cinéphile. Même si le livre aurait été parfait avec une cinquante de pages en moins, il est indiscutable que cette nouvelle enquête d'Adamsberg et de sa bande de "pieds nickelés" (bande qui ne cesse de s'agrandir !) se révèle rapidement captivante - par l'originalité de ses crimes - avant de devenir littéralement superbe, en tous cas pour ceux que la littérature et le cinéma passionnent.

Personnellement, les pages sur une légende hollywoodienne que je ne spoilerai pas ici, m'ont mis les larmes aux yeux, et la virée des flics parisiens à Los Angeles m'a réjoui au plus haut point (après le célébration du provincialisme hexagonal vaguement ringard des livres précédents, quelle bouffée d'air frais !). Et il y a même cette fois plusieurs scènes de tension dans la dernière partie du livre qui tranchent avec le travail habituel de Vargas !

En conclusion, Une unique lueur, de manière complètement inattendue, est l'un des meilleurs Vargas, ce qui est une belle surprise. Il ne faut pas négliger non plus le fait qu'il est lesté, pour une fois, d'un véritable "sens", une vraie réflexion sur ce dont sont faites les légendes dans la culture universelle, mais également sur la manière dont ces légendes infusent dans notre psyché, pour le meilleur et pour le pire.

[Critique écrite en 2026]

Eric-Jubilado
8
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le 26 mai 2026

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Eric-Jubilado

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