Diantre, deux Connelly ont été traduits en français dans la même année, obligation pour suivre le rythme de l'auteur dont les deux derniers livres sortis en Amérique ne devraient pas tarder à sortir en nos contrées, d'autant qu'ils réunissent son personnage fétiche Harry Bosch et sa nouvelle héroïne, Renée Ballard, dont on a suivi les premières aventures dans En attendant le jour. Mais dans Une vérité à deux visages, c'est ce bon vieux Bosch qui est toujours sur la brèche avec plusieurs visages connus dans les rôles secondaires comme son demi-frère avocat aux pratiques limites, Mickey Haller. Deux intrigues se partagent la vedette dans le livre, une troisième faisant même son apparition dans la deuxième partie d'Une vérité à deux visages. Comme toujours, c'est mené d'une main de maître et surtout extrêmement documenté auprès de vrais policiers, ce qui donne un caractère d'authenticité et de crédibilité essentiels. Il est aussi à noter que cette fois Connelly, est-ce l'âge avancé de Bosch, donne une place grandissante aux sentiments de compassion de son héros, que l'on n'a jamais autant senti aussi humain et sensible, au-delà même de sa passion indéfectible pour la justice. L'une des deux intrigues concerne son passé de policier et les soupçons qui pèsent sur lui dans une enquête où il aurait fabriqué une preuve pour faire condamner un suspect. Evidemment, le sang de Bosch ne fait qu'un tour à cette accusation et celui du lecteur itou, qui n'a de cesse de voir la vérité enfin apparaître et confirmer l'incorruptibilité de ce cher Harry. Un peu plus que d'habitude, donc, Connelly joue sur la personnalité de son personnage récurrent et sur son intrinsèque probité. Ce n'est peut-être pas un élément de suspense supplémentaire mais c'est un apprécier sujet d'intérêt pour toux ceux qui estiment qu'un thriller ne doit pas simplement consister en une multitude de scènes d'action et de rebondissements mais aussi s'attacher à des caractères bien spécifiques et, pourquoi pas, proposer une certaine vision des relations sociales (on remarquera au passage les quelques piques lancées à l'actuel président américain).

Cinephile-doux
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Mes livres de 2019

Créée

le 11 déc. 2019

Critique lue 293 fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 293 fois

3

D'autres avis sur Une vérité à deux visages

Une vérité à deux visages

Une vérité à deux visages

7

Cinephile-doux

8156 critiques

Incorruptible, sinon rien

Diantre, deux Connelly ont été traduits en français dans la même année, obligation pour suivre le rythme de l'auteur dont les deux derniers livres sortis en Amérique ne devraient pas tarder à sortir...

le 11 déc. 2019

Une vérité à deux visages

Une vérité à deux visages

8

HenriMesquidaJr

2785 critiques

Critique de Une vérité à deux visages par HENRI MESQUIDA

Deux bonnes histoires pour le prix d'une D'une part Bosh doit se défendre d'une accusation gravissime et se replonger dans une affaire des années quatre-vingt...et se battre contre a vérité déformée...

le 24 avr. 2021

Une vérité à deux visages

Une vérité à deux visages

9

Angélita

760 critiques

Critique de Une vérité à deux visages par Angélita

Résumé Une vérité à deux visages de Michael Connelly` Bosch a quitté le LAPD il y a déjà pas mal de temps. Son bureau se situe dans une prison. Il s’occupe d’affaires non résolues sur des personnes...

le 30 oct. 2019

Du même critique

As Bestas

As Bestas

9

Cinephile-doux

8156 critiques

La Galice jusqu'à l'hallali

Et sinon, il en pense quoi, l'office de tourisme galicien de As Bestas, dont l'action se déroule dans un petit village dépeuplé où ont choisi de s'installer un couple de Français qui se sont...

le 28 mai 2022

France

France

8

Cinephile-doux

8156 critiques

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

le 25 août 2021

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

8156 critiques

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...

le 25 sept. 2021