Poignant. Bouleversant. "Vers le Phare" surprend par son écriture fluide, poétique et viscérale. Virginia Woolf, dépeint un microcosme de relations mêlées par une histoire commune, des souvenirs heureux dans un présent douloureux.
Ce qui est percutant, c'est les nombreux détails donnés - permis par de longues phrases, parfois à rallonge délivrée comme des pensées non-verbalisées. L'écriture se déploie comme les vagues - largement évoquées tout au long du livre. Les personnages sont très caractériels et se complètent dans ce tableau écossais d'époque. Une île. Au large, un phare, endroit de tous les mystères.
"Vers le Phare" est une oeuvre intrigante, qui déploie une palette émotionnelle réaliste emplie de mystère - et qui continue d'intriguer même après la lecture. On touche au sens. Les dernières scènes sont très organiques, presque théâtrales.
La première partie déséquilibre, selon moi, l'ouvrage. Trop d'informations. Trop d'éléments qui perdent le lecteur dans un récit encore énigmatique. Où sommes-nous ? Où va-t-on ? Le prolongement poétique de l'oeuvre gomme, néanmoins, ses défauts de manière élégante.