7
268 critiques
Tuer la mère
Un livre écrit dans un français absolument superbe, traduisant à merveille une progression, un basculement, inédit et sans équivalent dans la littérature, de son narrateur à travers un monde fait de...
le 5 mai 2013
Vipère au poing est souvent présenté comme un texte courageux, voire fondateur, pour avoir mis en scène — dès 1948 — la violence intrafamiliale au sein d’une famille bourgeoise et rurale, en s’attaquant frontalement à une figure alors quasi sacrée : la mère. Sur ce point, difficile de nier l’importance historique du roman. Hervé Bazin brise un tabou, règle ses comptes, et ouvre une brèche dans la représentation idéalisée de la cellule familiale. L’intention est forte, et pour l’époque, sans doute nécessaire.
Mais une fois ce constat posé, que reste-t-il ? Littérairement, très peu. Le roman s’enlise rapidement dans une accumulation de scènes anecdotiques, de dialogues sans relief et de détails insignifiants qui diluent toute tension. L’écriture est lourde, peu inspirée, souvent maladroite, et surtout terriblement monotone. La brutalité du propos ne se double jamais d’une véritable finesse stylistique : on est dans le brut, mais un brut épais, sans musique ni souffle. La lecture devient laborieuse, rythmée par des longueurs qui finissent par lasser.
Le plus regrettable reste l’absence de réelle profondeur psychologique. Les personnages sont figés dans des rôles caricaturaux, réduits à des surnoms et à des fonctions symboliques. La haine de l’enfant narrateur est martelée sans être réellement interrogée, nuancée ou mise en perspective. À force de répétition, la violence perd même de son impact. Quand on compare ce traitement à des œuvres qui explorent la figure maternelle avec une véritable complexité — chez Marguerite Duras, Irène Némirovsky, ou plus récemment Paloma Hermina Hidalgo — le contraste est cruel.
En somme, Vipère au poing vaut peut-être comme document, comme geste inaugural. Mais en tant qu’objet littéraire, le roman peine à justifier sa réputation. Un condensé d’anecdotes, de ressentiment et de lourdeur stylistique qui, une fois le scandale historique mis de côté, laisse une impression de vide. Un témoignage important pour l’époque, sans doute. Un bon livre ? Beaucoup moins.
Créée
le 24 janv. 2026
Critique lue 5 fois
7
268 critiques
Un livre écrit dans un français absolument superbe, traduisant à merveille une progression, un basculement, inédit et sans équivalent dans la littérature, de son narrateur à travers un monde fait de...
le 5 mai 2013
9
2382 critiques
Quand je pense qu'il m'a fallu attendre l'âge de 25 ans (environ – ce qui est sûr, c'est que je travaillais alors et allais être père) et une opération de fouinage chez un bouquiniste, pour découvrir...
le 19 juin 2023
10
1 critique
L’histoire d’Hervé Bazin m'a appris combien l’amour d’un parent est primordial pour le développement personnel, émotionnel et psychologique d’un enfant. Par l'histoire de sa vie, il partage avec nous...
le 6 mai 2014
3
96 critiques
Après une vingtaine de pages, Houris de Kamel Daoud déçoit déjà, malgré mes attentes élevées en tant que lectrice passionnée et exigeante. Le style de Daoud se veut poétique et profond, mais il tombe...
le 9 nov. 2024
8
96 critiques
Il n’y avait pas foule en ce début d’après-midi au théâtre croisette pour la projection du premier long-métrage de la réalisatrice croate Antoneta Alamat Kusijanović. La mer, la roche, les plages de...
le 14 juil. 2021
5
96 critiques
Pour Sama met à l'honneur l'héroïsme des civils : ceux qui soignent, ceux qui filment, ceux qui résistent, ceux qui survivent ... Dommage que celui-ci manque cruellement de matière d'un point de vue...
le 20 oct. 2019
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème