Génial morceau,citant Chuck Berry (Back in the U.S.A.) au travers de son titre et pastichant la première partie Surf de carrière des Beach Boys. Surtout, Back in the U.S.S.R. traite l'imagerie soviétique comme s'il s'agissait de la Californie de carte postale des Beach Boys, de son surf, ses plages son hédonisme et ses femmes à la plastique avantageuse. Le charme des Ukrainiennes y vaut bien celui des Californiennes et les femmes moscovites donnent envie au narrateur de chanter Georgia (prénom de femme et nom d'un Etat alors soviétique) on my mind, standard des années 1930 remis au goût du jour dans les années 1960 par Ray Charles. Un narrateur tout heureux d'avoir quitté Miami pour retrouver la mère-patrie. Les montagnes et les fermes du Sud valent bien ici les plages de la Côte Ouest, les musiciens jouant de la balalaika valent bien les guitaristes californiens et les filles de la Russie rurale "tiendront au chaud" sous les draps les "camardes du parti". Propagande communiste et imagerie californienne se retrouvent mises sur un pied d'égalité par l'effet d'inversion. Quand bien même le you know how lucky you are du refrain ironise sur la "chance" du narrateur de retrouver l'URSS. L'interprétation du morceau en live par McCartney en Russie a eu la particularité de rendre le public local hystérique. Et la version live à la Place Rouge de Macca, facilement trouvable sur la toile, vaut son pesant de Roubles avec ses multiples plans sur d'irrésistibles spectatrices russes et sur... Poutine.