Satisfaction
7.8
Satisfaction

Morceau de The Rolling Stones (1965)

En 2019, tout le monde a oublié que:


-Dans Satisfaction, Mick Jagger se plaint de ne pas pouvoir être aussi viril que cow-boy Malboro des publicités de son temps (et par extension de ne pas être à la hauteur des mirages vendus par la publicité de son temps).


-Dans le même morceau, il se lamente sur les infos inutiles qu'il entend à la radio.


-Et enfin une fille dit à Mick qu'il doit "repasser dans une semaine" s'il veut obtenir satisfaction.


Si tout le monde l'a oublié, ce n'est point parce que les (marketés comme) infréquentables Cailloux sont désormais totalement intégrés à la société (de consommation) qu'ils dénonçaient mais parce que la postérité n'a voulu retenir que ce génialissime riff et ce I Can't get no, cri de ralliement intemporel de toutes les frustrations. Avec Satisfaction, les Stones avaient trouvé LEUR morceau, le morceau qui deviendrait un "monstre" plus gros que ses géniteurs, le morceau qui dépassait le statut de simple tube, celui qui les faisait "entrer dans la vie des gens", celui qui faisait passer des artistes du statut d'artistes à succès à celui d'icônes nationales et les faisait intégrer la mémoire collective (comme With or without you pour U2 ou Wonderwall pour Oasis entre autres). Avant Satisfaction, les Stones avaient un grand guitariste et un chanteur sex symbol. Mais ils n'étaient pas encore les Stones. Après Satisfaction, ils allaient (comme le dira plus tard Noel Gallagher) "vivre pour toujours".

JohnTChance
10
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs morceaux des Rolling Stones et Les meilleurs morceaux anglais des années 1960

Créée

le 15 avr. 2019

Critique lue 592 fois

JohnTChance

Écrit par

Critique lue 592 fois

4

D'autres avis sur Satisfaction

Du même critique

Le Poinçonneur des Lilas

Le Poinçonneur des Lilas

10

JohnTChance

54 critiques

Faire son (grand) trou.

Le Poinçonneurs des Lilas, c'est l'année zéro de la modernité dans l'histoire de la chanson française. Le morceau sort en 1958, l'année de l'arrivée au pouvoir d'un De Gaulle qui lancera de facto la...

le 20 juil. 2021

There Is a Light That Never Goes Out

There Is a Light That Never Goes Out

10

JohnTChance

54 critiques

Et la lumière fut.

J'aurais pu écrire sur les films cités par le morceau. Sur le personnage de La Fureur de vivre qui, comme le narrateur, ne veut plus retourner à la maison car il ne se sent plus chez lui. Sur le fait...

le 7 juil. 2021

Barbarism Begins at Home

Barbarism Begins at Home

10

JohnTChance

54 critiques

Le Freak, c'est Chic.

Juste avant que les Smiths se séparent, Morrissey chantait la mort d'un danseur de disco. Ce qui ne l'avait pourtant pas empêché d'inclure dans le second album studio de son Velvet à lui cette longue...

le 3 déc. 2019