Sentimentalement vôtre

Avis sur Amicalement vôtre

Avatar SmileShaw
Critique publiée par le

Amicalement vôtre, c'est ma madeleine.
Je ne sous-entends pas que je chouine toutes les larmes de mon corps, pour un oui ou pour un non (encore que ...) telle cette ancienne prostituée arrosant les pieds de Jésus de ses sécrétions lacrymales dans le but d'obtenir son pardon, devant les aventures de ces deux joyeux drilles (oui, j'ai 73 ans et alors ?)
Non ! Je parle de ce petit gâteau de forme ovale, présentant de jolies rainures rappelant un coquillage sur le dessous et une jolie bosse sur le dessus !
Oui, tel Marcel Proust qui trempait son biscuit et se remémorait de ce fait sa tante Léonie, trois secondes du générique mythique de cette délicieuse série me renvoie à la fin des 70's, dans ma Picardie profonde.

Grâce aux multiples rediffusions de l'époque, Amicalement vôtre a bercé mon enfance. C'est qu'on n'avait pas internet et Netflix, nous, et on s'en est bouffé, de la Petite maison dans la prairie ou du Lassie.
Mais les péripéties de ces deux riches individus, diamétralement opposés qui deviennent amis à force d'aventures rocambolesques, a toujours remporté mes suffrages.
Le premier, aristocrate anglais, Lord Brett Sinclair, élégant, raffiné, courtois, interprété par le classieux Roger Moore.
Le second, l'homme des rues américain, Danny Wilde, sorti de nulle part et qui s'est fait à la force du poignet, plus direct, rentre dedans, peu soucieux des convenances, à qui Tony Curtis prête ses traits.
Leurs points communs ? Une immense fortune, un goût immodéré pour les jolies femmes et une vie rondement menée à ne pas foutre grand-chose.
C'est à Cannes, au cours d'un mémorable épisode pilote, qu'ils font connaissance, sur instigation du Juge Fulton, nouvellement retraité et Dexter de l'époque. Car sans aller jusqu'à découper des corps et les balancer au fond de l'océan, il souhaite régler leur compte à des malfrats que la justice n'a pas pu ou su prendre en charge.

Une saison (pas de renouvellement pour cause de grands projets cinématographiques pour Roger Moore) et la légende est née.
Si le programme n'a pas connu le succès aux Etats-Unis, elle fut un carton en Europe, notamment en France, ceci grâce à un doublage exceptionnel, de Michel Roux, voix de Curtis et Claude Bertrand pour Moore.
De belles voitures, des poursuites, des bagarres (la belle époque où il suffit de pousser un homme pour qu'il tombe dans le coma), une jolie fille dans chaque épisode (tour à tour victime ou voyou), pas mal d’humour et du voyage : l'Angleterre évidemment, mais aussi la France, la Suède, l'Italie ou encore l'Espagne, avec un joli cliché sur le village perdu au fond des montages, le berger à peau de mouton et la belle qui danse le flamenco (aussi douée que moi sur des patins à glace, ceci dit en passant). Quel dommage qu'ils n'aient pas tourné au Maroc : c'eut été sympa de les voir à dos de chameau se rendre chez les nomades pour boire le thé !

Amicalement vôtre aujourd'hui, ça peut paraître kitsch et ringard à toute cette jeunesse sans repère qui ne jure que par Game of Thrones, et ça l'est peut-être. Mais c'est MA série culte et on ne touche pas aux idoles de l'enfance, c'est une règle, la base !
Et puis surtout, Amicalement vôtre, ça sent bon. ça sent les beignets aux pommes que ma mère préparait le samedi, ça sent la lotion anti-poux (allez à l'école avec les cheveux longs et vous ricanerez moins), ça sent les longs poils du tapis du salon qui glissent entre mes doigts. Et puis ça a le goût du chocolat Poulain et des Fingers de Cadbury.
Amicalement vôtre pourrait avoir l'immense pouvoir de me faire retomber en enfance, mais comme le disait ce bon vieux Tristan Bernard :

Je ne retomberai jamais en enfance, j'y suis toujours resté

.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 1003 fois
23 apprécient · 1 n'apprécie pas

SmileShaw a ajouté cette série à 4 listes Amicalement vôtre

Autres actions de SmileShaw Amicalement vôtre