I don't care / I'm still free / You can't take the sky from me.

Avis sur Firefly

Avatar PFloyd
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http://www.youtube.com/watch?v=RmU-Bmk4Wrk

Ca me tue de dire ça, mais aussi excellente qu'elle fut, Firefly ne pouvait pas survivre. Pas à cette époque, pas sur une chaîne de network. Pas dans ce pays.

Auréolé par le succès de Buffy sur la WB (l'ancêtre de la CW), Joss Whedon a l'idée de mêler l'Amérique du 19e siècle avec un monde futuriste où l'humanité s'est répandue dans un système solaire. Il y eut une guerre entre l'Alliance et les Indépendants, appelée la guerre de l'Unification ; à l'époque sergent, Malcolm Reynolds fut hanté par cette défaite. Devenu capitaine du vaisseau Serenity, de classe Firefly, il a engagé une équipe et parcourt le système solaire à la recherche de travail, le plus souvent de contrebande, et...

...Et pas de révélations fracassantes, ni de twists à chaque coupure pub. On suit cette équipage, qui grossit dans le pilote - le vrai, celui de 1h30, mais j'y reviendrai - et on les voit s'animer, vivre, souffrir, douter. Mais pas de la façon abusé des séries actuelles ; Whedon prend son temps, donne un ton décalé à son show, donne une vraie personnalité à ses personnages - même si Jayne est clairement le sidekick con du groupe, mais ça passe. Et plus on avance, plus les enjeux apparaissent et plus l'on s'attache à ce petit monde, à leurs péripéties.

Esthétiquement, la série reste de qualité, même si les effets spéciaux ont forcément vieilli. Mais les plans restent très bons, la caméra virevolte entre les protagonistes, les scènes de gunfights sont sympas, et Firefly est remplie de détails qui rendent heureux chaque fan de SF ou de western - pas de bruit dans l'espace, le rendu des environnements, l'esthétique Midwest, etc. On se croirait dans une fresque anachronique, et je dois dire que Whedon m'a bluffé à ce niveau-là. Et puis Nathan Fillion est quand même un sacré acteur, pas étonnant que Joss l'ait repris pour Dr Horrible 6 ans plus tard.

Dans les critiques négatives, j'ai lu que le principal reproche était le manque de rythme. Et c'est là où je reprend l'idée de départ : Firefly était au mauvais endroit, au mauvais moment.

Firefly était attendu, Whedon avait eu carte blanche et sa série devait durer 5 saisons minimum. Inutile de dire que la voir annulée au bout de 11 épisodes diffusés, ça pique un peu. La Fox refusa d'abord de diffuser le vrai pilote, préférant commencer au deuxième épisode ; ensuite, la diffusion fut anarchique, avec des retards dans la programmation ; enfin, la chaîne annula brutalement Firefly alors que 3 épisodes supplémentaires avaient été tournés. Mais ce serait trop simple de tout mettre sur le dos de la Fox ; personnellement, je pense que Firefly se trouvait à un moment charnière de l'histoire des séries, celle qui suivit 24 ou The Shield, qui développèrent des épisodes chargés en situations et twists - surtout 24, où le téléspectateur ne devait pas s'ennuyer. Aujourd'hui, on est en plein dedans, et toutes les séries usent de ce mécanisme. La série coûtait cher, et son relatif insuccès (4.5 millions de téléspectateurs en moyenne environ) a donné une raison suffisante à la Fox pour retirer ses billes et les mettre dans d'autres séries plus apte à capter les familles américaines. Mais bon, ça n'excuse en rien la Fox, qui aurait au moins pu tenter de la mettre sur sa chaîne câblée Fx pour voir...

L'échec de Firefly m'énerve, mais c'est comme ça. Si un jour j'ai du pognon, je relancerais cette série ; en attendant, il faudra se contenter de pleurer sur le funeste destin de Malcolm Reynolds et je ne peux qu'encourager les gens à regarder cette oeuvre, car elle montre une vision radicalement différente de ce qui se passe actuellement. Une époque où l'on prenait son temps et où l'on travaillait ses dialogues. Un truc dingue.

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