New York, New York

Avis sur Master of None

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Révélé par son interprétation hystérique de Tom Haverford dans Parks and Recreation, Aziz Ansari aura profité de ce succès critique sans précédent dans sa carrière pour se faire un nom dans le paysage très hétéroclite du stand-up nord-américain. Porteur d’un humour parfois clivant, l’acteur a finalement su réunir une fanbase solide, notamment à l’aide de sa collaboration avec Netflix, diffuseur de ses spectacles. Ce n’est pas vraiment une surprise de le voir créer sa propre série sur le site de VOD, accomplissement total pour tout comédien de la scène, les plus grands y étant passé, de Louie C.K. à Jerry Seinfeld.

On pouvait douter de la viabilité du projet de Master of None, non seulement parce que les comédies live Netflix n’ont jamais vraiment brillé de par leur qualité, mais aussi parce qu’Ansari, si sympathique puisse-t-il être à petite dose, a le don d’être très agaçant au long terme – un peu comme la moyenne qualitative des rejetons du Saturday Night Live. Une dramédie sarcastique semi-autobiographique sur le quotidien d’un comique ? On l’a déjà vu beaucoup de fois, et il était compréhensible de ne pas placer des attentes hors du commun dans Master of None.
Les critiques auront été réduites au silence dès le pilote. La série d’Aziz Ansari et d’Alan Yang, un ancien de Pawnee lui aussi, est brillante. Comédie de niche, œuvre intimiste, tantôt dépressive, tantôt euphorique ; Ansari y trouve un équilibre parfait, loin de l’énergie trop invasive qu’on lui connaît. Il laisse vivre ses personnages, leurs évolutions, leurs ambiguïtés, leurs rêves et leurs erreurs. Les protagonistes de Master of None ne sont ni idiots, ni fantasques ; ils respirent d’humanité. Sans aucun cynisme, Ansari se confie sans fard, et c’est peut-être cela qui fait tout l’intelligence et la justesse du show. Master of None a ses défauts, tous les épisodes ne se valent certes pas, mais son écriture irréprochable, son inventivité retenue et l’ambiance tendre et cajoleuse qui s’en dégage en font un objet télévisuel foncièrement agréable.

On ne l’a honnêtement pas vu venir mais Master of None est un ascenseur émotionnel malin, drôle, touchant et modeste. Netflix s’éloigne des artifices dont le service a l’habitude, se tournant vers une simplicité et une passion créatrice digne des formats courts d’HBO. En revoyant l’espace d’un vendredi son cahier des charges, elle signe l’une de ses meilleures séries maison. Même les détracteurs d’Ansari peuvent s’y jeter les yeux fermés, Master of None n’est pas un concentré de débauche égocentrique de plus, mais un indispensable instantané, situé quelque part entre les thématiques de Louie, l’ambiance d’un Woody Allen et la sincérité d’un Looking.

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