Celui qui a 30 ans en 2015.

Avis sur Master of None

Avatar François Descamps
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C'est la première fois que je me sens l'envie d'écrire une critique ici. Parce que j'ai enfin regardé Master of None, et que j'ai pris une claque. Pas en termes de jeu d'acteurs. Pas en termes de réalisation. Pas en termes de scénario. Simplement en termes d'écriture.

Aziz Ansari est un des comédiens de stand up qui marchent le mieux aux Etats-Unis. Comme Chris Rock, et d'autres. Lorsqu'on regarde ses spectacles, on rit. Grassement, souvent. Et puis, Aziz reçoit un paquet d'argent de Netflix pour produire une série. En regardant simplement le pitch, on se croirait devant une énième sitcom américaine. A la Friends, à la HIMYM, à la New Girl (pour le plus récent.)

Donc, en commençant Master of None, on s'attend à rire. On s'attend à un énième friends-like, un peu raté. Et puis, c'est la claque. Parce que Aziz Ansari, sur ces 10 x 30 minutes, s'est acharné à retranscrire la vie d'un trentenaire occidental en 2015. Chaque épisode est une photocopie d'une tranche de vie de la vaste majorité d'entre nous : qui suis-je? que dois-je à mes parents? qu'est-ce que je désire pour mon avenir?

Et dans chaque épisode, on nous présente la vie de Dev, de moi, de vous. Des presqu'adultes de quasi 30 ans sacrément paumés mais bien décidés à paraître sûrs de chacun de leurs choix. Bien décidés à créer artificiellement un sentiment de stabilité qui n'existe pas forcément à ce moment de notre vie.

Je m'attendais à beaucoup en commençant Master of None. Mais certainement pas à me prendre en face certains de mes questionnements, certains de mes problèmes. Le tout est proposé en justesse, en subtilité et avec un réalisme impressionnant pour une comédie américaine.

Un gros gros coup de coeur.

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