Durendal, sa vie son oeuvre...

Avis sur Pourquoi j'ai raison et vous avez tort

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Je vais être honnête : Je suis Durendal depuis un petit bout de temps déjà.

Je le suivais à l’époque du Démon du Rire, et de ses sagas mp3 plutôt drôles (Banal Fantasy, Meta Gueule Solid), de ses essais (plutôt ratés) de webséries (Mythique, puis Gamers INC) et de ses détournements vidéo (plus ou moins réussies, mais quand même). Et j’avoue que j’aime bien son humour.

Puis, il a lancé « Le Cinéma de Durendal », et les « Pourquoi j’ai raison et vous avez tort ». Il a commencé par Alien, suivi par Prometheus. J’ai beaucoup aimé ces premiers épisodes : Il y avait un mélange de travail de fond et d’humour saupoudrées de surlignages de petites erreurs, entre le Fossoyeur de films et le Nostalgia Critic. J’aimais assez.

Les émissions se sont succédé avec plus ou moins d’enthousiasme pour moi. Par exemple, la série sur Resident Evil. Durendal explique les origines du projet, puis prend les films un par un et explique pourquoi il aime ou n’aime pas, exposant un processus du cinéma. Il donnait sa vision des choses, expliquait pourquoi il aimait ou n’aimait pas. Il expliquait ce qu’il attendais du film… Ses raisonnements et ses explications avaient du sens. Et ses ressentis étaient toujours soulignés comme « personnels » (pour la trilogie originale de Star Wars : « Pour moi, c’est clair que George Lucas aura toujours le dernier mot).

Pourtant, au fur et à mesure que les émissions se sont succédé, Durendal a commencé à ne plus donner son avis, mais à les considérer comme des réalités tangibles, des faits avérées, et complètement indéniables. La pente a commencé avec la rétrospective sur Jean-Pierre Jeunet. Il a commencé à dévier du « Pourquoi je trouve ça génial, quels éléments me touchent » à « Pourquoi C’EST génial, et ceux qui n’aiment pas sont des débiles profonds ».

On a beau se dire que c’est la base de son concept (quand j’en parle, on me rappelle régulièrement « Son émission s’appelle pas comme ça pour rien »), mais il y a eu en deux ans un sacré glissement de terrain. Moins de travail de fond, plus d’explications sur la nature du cinéma selon lui (enlever le « selon lui » dans ses textes), plus d’avis cités comme des vérités absolues… Et plus de prétention.

Au fur et à mesure de l’émission, Durendal nous a de plus en plus pris pour des cons. Le point de non retour a été atteint avec l’émission sur "My Movie Project" . Prenant un malin plaisir à défendre l’indéfendable (ce qui ne me dérange pas), Durendal nous prend régulièrement à part en nous traitant de débiles ignares (« VOUS N’AVEZ AUCUNE IDÉE DU FONCTIONNEMENT DU MONDE DU CINÉMA ! » – Hé ben figures-toi que si, en fait) et en nous expliquant que si on a pas rigolé à une blague, c’est parce qu’on est bêtes à bouffer du foin (selon moi, si on doit expliquer une blague, c’est qu’elle est ratée). L’émission sur Luc Besson acheva d’enfoncer le clou, en nous expliquant pourquoi Luc Besson était un cinéaste de génie, et que c’était INDISCUTABLE, citant des exemples purement subjectifs comme, encore une fois, des vérités absolues (« QUI aurait pensé à mettre du Gorillaz sur l’arrivée de mafieux ? » – Heu… tout le monde ?).

Pour fêter les deux ans de la chaine, Durendal a sorti une émission spéciale, expliquant ce qu’était le cinéma, pourquoi on pouvait déterminer de façon quantique si un film était bon ou non, comme quoi certains cinéphiles ne savaient pas, contrairement à lui, mettre de coté ses émotions pour ne parler que de l’exactement exact, comme quoi on était trop bêtes pour comprendre qu’un film n’est pas forcément fait pour nous être agréable… Et il le fait avec un certain aplomb, une suffisance à toute épreuve, et encore une fois, cette désagréable impression qu’on te prend pour un con.

Et c’est sur cette ultime vidéo que je baisse les bras. J’aimais avoir l’avis d’un cinéphile, comme j’aime avoir l’avis d’autres cinéphiles. Mais Durendal est passé de « cinéphile » à « donneur de leçon ». Il a poussé trop loin les limites de son concept. Dommage.

PS : Ce qui m’amuse beaucoup dans sa vidéo, c’est qu’il s’agace de voir que certains avis se sont posés comme des vérités parce qu’un mec à gueulé plus fort que les autres… Quand je vois que pour le FIFM, les trois-quarts des gens qui ont gueulé sur le choix de My Movie Project ont ressorti en boucle la vidéo (ou les arguments) de Durendal… Je trouve ça carrément gonflé.

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