Le tiercé gagnant.

Avis sur Steins;Gate

Avatar Maximemaxf Mitchell
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Dans la lignée des œuvres japonaises populaires et très souvent lucrative sur le territoire nationale qui ont au le droit à une version animée, mais moins ailleurs, Stein;gate est un autre de ces séries d’animation japonaise qui s’inscrive dans cette lignée. Comme pour l’animé School Days, il s’agissait d’abord d’un jeu vidéo interactif dans lequel le joueur peut intervenir sur le déroulement d’une histoire ou même faire de choix qui influenceront ce dernier. Et déjà, dans le milieu du vidéogaming, le succès a été suffisamment étendu et fort pour qu’il soit exporté sur plusieurs plateformes de console, notamment la PS3 et la Playstation Vita la console portable.

Rien qu’avec ses jeux sur consoles, Steins;gate avait déjà conquis une grande partie du public adepte de ces jeux. Le succès a été tel qu’il a connu une adaptation en manga en 2009, l’année même de sa sortie en jeu vidéo. Et enfin, 2 ans plus tard, les studios de développement en jeu vidéo 5pb. et Nitroplus confie la réalisation d’une adaptation en série d’animation aux studios WHITE FOX qui seront à l’origine d’une autre adaptation quelques années plus tard, celui de l’animé de Dark Fantasy (globalement de bonne facture mais frustrante dans son final) Red Eyes Sword : Akame Ga Kill.

Si il y a bien une chose qu’on finit par remarquer après avoir visionné un certain nombre d’animé et de dessin animé japonais, c’est qu’ils font preuve d’un étonnant savoir faire lorsqu’il s’agit de mêler animation et science-fiction. Que ça soit pour les films comme Ghost in the Shell, Jin-Roh, Patlabor ou Metropolis (même Akira qui, à défaut de m’emballer, conserve quand même un visuel sensationnel). Ou dans les séries animées tel que (encore une fois) Ghost in the Shell : Stand Alone Complexe, Cowboy Bebop, Evangelion (bien que je ne sois pas client), Psycho-Pass ou encore Code Geass. Le cas Steins;gate est loin d’être en reste et se classe sans mal en haut du panier, partant d’un concept farfelu pour finalement en tirer des thématiques plus réfléchies et émouvante qu’il ne le laisse paraître.

Steins;gate part d’un postulat de départ consciencieux de sa part d’irréalisme (je veux dire : quand tu peux voyager dans le temps grâce à un four à micro-onde et un téléphone portable, c’est pas facile de prendre ça au sérieux, faut vraiment le voir pour le croire). Mais qui ne part pas pour autant dans le nawak avec ses théories scientifique autour du voyage dans le temps comme l’effet papillon ou l’usage qu’est fait du nom de John Titor (un pseudonyme qui a vraiment existé et dont la série reprend directement les messages de voyage dans le temps qui ont fait le buzz sur des forums entre 2000 et 2001), dans les faits Steins;gate est plus terre à terre, moins posé sur l’humour et les ¾ du temps étonnamment porté sur le drame de ce groupe de scientifique en herbe du quartier Akihabara.

Toute la narration passe, par ailleurs, par les yeux, les oreilles et l’expérience que vivra Rintarõ Okabe : un scientifique qui se veut cinglé et aux tendances paranoïaque, voire un peu imbu de sa personne ou moqueuse. Mais ne tombe pas pour autant dans l’égocentrisme et présente un gros trait de sympathie envers son entourage. En particulier sa relation souvent attendrissante et intentionné avec Mayori, aussi simple d’esprit que mignonne, et Makise Kurise, une intellectuelle scientifique au rapport chaotique mais pourtant elle-même plus ouverte qu’elle ne laisse paraître.

Si la première moitié de série est relativement calme et se centre davantage sur le background de ses personnages principaux, on ressent très vite une certaine gêne une fois qu’on se place dans la peau de Rintarõ Okabe, le principal spectateur des expériences pratiqués sur ces voyages dans le temps avec chacun de ses amis, on ressent un certain malaise qui se renforce un peu plus chaque fois qu’Okabe envoi un SMS capable de modifier l’avenir pour le compte de l’un de ses amis. Groupe d’ami en question bien défini par ailleurs pour chacun des membres du laboratoire de l’autoproclamé Hououin Kyōma : les principaux tel Mayori, Daru le hacker un brin obsédé et Makise Kurise un génie scientifique intriguée par les travaux de Rintaro comme les secondaires tel que Ruka l’androgyne, Suzuha l’employée fouineuse, Feyris la mascotte d’un maid café et Moeka étrangement renfermée sur elle-même.

Et la deuxième moitié tourne drastiquement à la tragédie montrant aussi froidement qu’humainement les conséquences de quelque chose qui les dépassent.

Mais elle met aussi Okabe face aux dilemmes à résoudre pour fuir le futur dystopique qui s’annonce, dilemme qui ne résume pas seulement à convaincre ses amis de renoncer à ce qu’ils ont obtenu grâce aux SMS (retrouver leur père décédé dans un accident après une séparation douloureuse, changer de sexe pour), mais aussi à les persuader alors qu’ils se retrouvent dans une ligne temporel dont ils n’ont aucun souvenir (ou… presque) quitte à devoir les priver de leur bonheur, ou du sien.

Ce ton et cette ambiance s’avère tout autant accentué sur la forme et son animation par les couleurs très posées et terne, et l’éclairage plus blafarde aussi bien lors des scènes internes qu’externe (à l’image du premier voyage temporel d’Okabe ou d’une scène entièrement animé par le visuel et le champ des cigales). Ou l’horloge en fond noir réapparaissant de manière récurrente dans la série, surtout lors de l’utilisation du four à micro-onde pour les voyages dans le temps. Je ne sais pas si l’animé reprend les traits du jeu vidéo, mais si c’est un style propre, ça le rend bien plus authentique pour quiconque le découvre sans avoir joué au moindre jeu.

Ton renforcé un peu plus les excellents morceaux de musique de Takeshi Abo et Toshimichi Isoe, principalement axé aux mélodies du piano parfois mixés avec du synthétiseur. Je suis un peu moins fan des génériques d’ouverture et de fin en revanche, mais étant donné qu’on est au pays du soleil levant de l’animation japonaise, il y en a beaucoup pour aimer sans mal. Et le générique d’ouverture prend rapidement un sens avec le déroulement de l’intrigue.

L’humour reste en revanche assez… un peu trop fixé ouvertement sur les références cochonnes et les allusions physiques, mais elle reste extrêmement en retrait 80% du temps donc, ça passe.

Quand aux deux derniers épisodes, qui peuvent paraître forcé afin de ne pas laisser le drame, finalement ils trouvent un sens avec le concept même de la série (et un bref indice au tout début du premier épisode). On en vient à voir cet animé comme un puzzle temporel duquel tente de s’extirper Okabe et qui se recoud petit à petit (un puzzle scénaristique loin d’un découpage éparpillé comme Baccano cela dit).

Personnellement, une chose se clarifie un peu plus au fur et à mesure que je découvre les animés de SF au Japon ou les films d'animation, c’est que les nippons gèrent la fougère avec le genre : que ça soit dans le cyberpunk ou les voyages temporels. Steins;gate continue de le confirmer et ne vole pas la popularité qu’il a eu auprès de son public, à tel point qu’il va bientôt connaître une version alternative avec Stein;gate 0 également adapté du jeu vidéo faisant suite au tout premier du nom. Donc ouais, je ne regrette pas de dédier ma centième critique sur Senscritique à un autre animé japonais comme celui-là. Surtout pour prouver que ce tiercé est gagnant et pousser autant de monde que possible à s'y attarder le temps d'une vingtaine d'épisodes.

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