the trouble with zombies

Avis sur The Walking Dead

Avatar Chaton_Marmot
Critique publiée par le

Pourquoi consacrer une critique à une série éminemment dispensable ? Pour régler des comptes, je suppose.
Je suis resté collé devant pendant 6 saisons. Pourtant, j'avais bien remarqué qu'elle ne tenait pas ses promesses à partir du deuxième épisode. L'action se diluait, le milieu urbain était progressivement abandonné. Ne suivrait qu'une interminable errance en forêt.
Des bois où l'homme est le seul gibier. L'odeur des zombies a dû faire fuir les bêtes - mais où ?
Je comprends que les zombies sont nombreux , mais ils sont voués à disparaître - ils ne sont pas pressés cependant.
En attendant, on a moins du survivalisme que du western : des communautés se protègent contre des hors-la-loi qui essaient de les rançonner, pendant que rôdent les Indiens qui attaquent sporadiquement comme une nuée de mouches.
Et la vie individuelle devient aussi précaire qu'en temps de guerre.

La série exploite la fascination pour la catastrophe et les récits de fin du monde, et elle réussit une seule chose nécessaire à sa persistance : susciter l'asservissement volontaire du spectateur, dans un jeu pervers où il se demande ce qu'il va advenir de ses personnages favoris, et lequel va y passer sans prévenir. Une sorte de roulette russe, ou de Koh-Lantha : qui sera éliminé cette saison ?
Ce genre de manipulation a son revers : lorsque le suspense est rompu, et qu'une figure à laquelle on s'était attaché disparaît, puis une autre, puis une autre, on peut arriver à ce point de saturation ultime que la série même semble incapable d'atteindre. Marre de ces épisodes où l'on suit le parcours d'un duo qui ne fait avancer l'intrigue globale qu'à la dernière minute - hop, cliffhanger ? Oh, et puis si on les séparait tous en trois petits groupes pendant une saison entière avant de les réunir à la toute fin, où l'on en tuera un(e) ou deux sans prévenir, histoire de faire mine qu'il s'est passé quelque chose entre la saison précédente et la saison suivante ?
C'est pas grave, abandonner la série à la fin de la 6e saison m'aura épargné pire : puisque de leur propre aveu, les auteurs ne voulaient pas lasser le spectateur en ne lui montrant tout le temps que le parcours d'un noyau de personnages, ils ont consacré une portion considérable de la série à d'autres communautés - comme de multiples "spin-offs" à l'intérieur de la série principale, quelle trouvaille mes aieux !

Cette inépuisable dilution de l'action rappelle ces produits dont l'un des composants et devenu plus cher, et dont la part diminue dans le poids global au fil des années, aboutissant à en modifier foncièrement le goût (je n'ai toujours pas eu d'explications pour le changement de goût du kinder surprise lorsque j'en ai goûté un de nouveau des années après mon enfance - de toute évidence, le chocolat blanc n'est plus du tout le même). Il va y avoir un retour de bâton. J'ai tendance à me lasser plus vite que le conformiste moyen, mais les gentils spectateurs vont bien un jour en avoir marre de ces feuilletons où rien n'avance pendant des épisodes. Le temps n'est pas encore revenu des séries à l'ancienne où chaque épisode était un tome, et pas un chapitre, d'une saga. Sinon, un truc sympa comme "Houdini & Doyle" connaîtrait une seconde saison. On continue donc pour le moment à voir fleurir des enquêtes étalées sur une ou plusieurs années (je ne parle pas de The Wire, c'était surtout tout autre chose), des mystères empilés à l'infini.
Pourtant, Lost avait bien fini par lasser, non ? Il faut dire qu'ils cumulaient tous les travers...

Par curiosité, j'ai regardé l'épisode VIII 10.
Une communauté périphérique y était éliminée. Une communauté que je n'avais jamais vue, disparaissait. Des heures et des heures qui n'avaient servi qu'à empêcher l'action centrale de progresser. J'avais lu que la saison VII n'avançait pas, mais qu'elle préparait le terrain pour la VIII, en s'achevant sur une déclaration de guerre, et que ça allait chauffer dans la VIIIe. Et sur quoi je tombe dans la VIIIe ? Un épisode qui se conclut par une déclaration de guerre. Il s'est passé quoi pendant 9 épisodes ? Vous vous défendrez comme vous voudrez, ça demande un seuil de tolérance très élevé au foutage de gueule.

J'ai retrouvé toutes les absurdités habituelles, grosses comme une verrue au milieu du visage.
Déjà, du temps de la seule bédé, on me disait avec une légitime irritation que les personnages continuaient à dégommer les zombies au pistolet tout en sachant que le bruit en attirait d'autres. Si ce n'était que ça.
Ils persistent à employer des armes qui leur imposent le corps à corps avec des individus extrêmement contagieux. Quelques saisons plus tard apparaît un personnage qui a trouvé une solution raisonnable, le sabre, mais c'est devenu son élément de caractérisation exclusif ; car on est dans une bédé.
Ils habitent dans un coin où il fait chaud toute l'année. Ils ont de l'essence, des véhicules motorisés, pourtant ça va faire dix ans qu'ils suent dans la même région, ce qui les incline à ne porter absolument aucune protection - plutôt à se balader les bras à l'air. Ce qui est bien pratique lorsqu'on est couvert de blessures et que l'on poignarde des infectés en close combat.
Cet épisode ne s'est pas privé de pousser la logique jusqu'à l'absurde : un gros plan sur les pieds blessés et en sang de l'unique rescapée qui va marcher au milieu du steak tartare géant qu'elle a composé avec ses anciens potes. Ah ah !

Sans oublier qu'en comatant devant cette série languissante, on a le temps de réfléchir à une question qu'elle avait posée dès le second épisode, lorsque Ricky essayait de sauver une nana et qu'il observait la transformation de son cerveau en temps réel sur un scanner : c'est quoi, un zombie ?

Ils ont faim, et c'est bien légitime, car un organisme a besoin d'alimentation pour se mouvoir et maintenir son intégrité - un être vivant passe son temps à mourir et à se reconstruire tout en gardant à peu près sa forme.
Alors il faut digérer, puis le sang doit convoyer le carburant dans les muscles, donc le coeur doit battre. En somme qu'est-ce qui les différencie de ma grand-mère qui commençait à moisir sur pieds ? Lents, en voie de décomposition, ça ne peut plus durer éternellement, le rendement moyen doit aller en déclinant, ils vont avoir de plus en plus de mal à se traîner, et ils sont comme tout le monde, ils ne peuvent pas rester éternellement sans manger. Bon, ils savent se mettre en pause - mais ils arrêtent de se décomposer pendant ce temps-là ? Par ce climat ?
Dur d'être un zombie...

Alors si vous l'appréciez tant que ça, tenez donc encore compagnie à Rick l'increvable, défenseur de la veuve et de l'orphelin, pendant quelques saisons d'éternel été...
Rick l'homme des bas bois...

J'oubliais un détail redoutable : dans cet épisode a lieu un massacre. La scène n'a pas été filmée, néanmoins il commence lors du dernier plan d'une scène, et on entend le mitraillage commencer supposément hors-champ. Pourtant pendant ces quelques secondes, on peut observer à l'arrière-plan des acteurs impavides...

J'en finirai jamais de ce truc, ouais bon alors, si j'ai bien compris les gens se transforment en zombies dès qu'ils meurent, même sans avoir été contaminés par contact, donc les vivants sont tous des porteurs sains, et la morsure ou autre ne provoque qu'une surinfection. Je n'y connais rien moi en virus et autres bactéries, ils peuvent pas finir par être immunisés à la longue ? Non parce que sinon à force d'être à deux doigts de leur faire des bisous à longueur d'épisodes, ils devraient finir par se choper un truc par voie aérienne en plus de profiter de l'haleine des zombies.

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