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Le maître mot de la première saison de The Walking Dead est à n'en pas douter la déception... à hauteur de l'attente ! Le thème de la série, l'adaptation du comic, Darabont aux manettes, AMC derrière l'écran : tout portait à croire que "The Walking Dead" serait une réussite.
Alors qu'elle aurait pu sublimer le médium originel en lui apportant le temps du développement, la nuance de l'interprétation des acteurs et la force visuelle de la réalisation, elle semble surtout le gâcher. Le pilote était pourtant fort prometteur : une réalisation léchée, les 20 premières minutes sans une parole et pourtant l'univers prenait vie. Dès le second épisode, tout s'écroule.

Le principal problème réside sans doute dans le fait qu'en à peine six épisodes, la série a voulu jouer sur tous les tableaux : l'aspect trivial de la lutte contre les zombies, des cliffhangers à foison mais aussi de vulgaires moments d'émotions qui ne marchent absolument pas. Tout ça est survolé et il en ressort un ensemble sans aucun caractère ni homogénéité. Rien n'est débroussaillé et la saison ressemble plus à un long pilote pour la chaîne : « Alors, on peut faire ça, et un peu de gore, et un peu de ceci et là du suspense et là une mort pour faire pleurer. »

Là où le bât blesse vraiment c'est bien dans ses personnages, leur écriture et leurs relations — l'essence même de la bande dessinée ( « Don't you get it? We are the walking dead ! ») et qui devait être le nerf de cette adaptation. Les dialogues et l'interprétation rendent les personnages insipides et artificiels. L'on est alors bien loin de Walter White, Jesse Pinkman, Don Draper ou Kale Ingram. Des personnages qui à chaque épisode s'affinaient et gagnaient en consistance.

Tout ce qui fait l'intérêt du comic originel semble avoir ainsi été oublié pour ajouter les pires poncifs du genre et le peu qui a été conservé est étiré, allongé, dilué, sur-expliqué. Il n'y a aucune place aux silences, à la suggestion, aux regards furtifs. De la même manière, le passif des héros est balancé à la figure du spectateur comme s'il fallait vite s'en débarrasser pour passer à autre chose. Pire, aucuns germes de leur évolution future ne sont semés : en six épisodes ils n'ont pas bougé d'un iota là, où dans la bande dessinée, déjà des changements essentiels s'opéraient et annonçaient la forme des choses à venir. La série elle ne prend le temps de rien, tout est trop dense, boursouflé et déborde de toute part.

Enfin, l'intrigue en elle-même et les sous-arcs narratifs sont téléphonés, à ce stade, il s'agit plutôt de fibre optique, rien ne surprend ou n'émeut jamais malgré leurs nombreuses et malhabiles tentatives.

Après avoir tout d'abord changé l'équipe de scénaristes, sûrement pour faire porter le chapeau à ce fiasco, Darabont a tout de même été poliment plus ou moins évincé de la production par la chaîne. Ce qui donnait l'espoir de changements.



Saison 2 :

Au terme de sa seconde saison, "The Walking Dead" paraît toujours se situer à mille lieues de ce qu'elle pourrait être mais a fait quelques bons pas et semble dorénavant bel et bien posséder les moyens de ses ambitions.
Si des défauts sont toujours présents ils ont permuté et paraissent alors bien moins détestables et plus pardonnables. Abandonnant l'idée du fourre-tout indigeste et tyrannique de la première fournée d'épisodes, elle peut enfin, grâce à l'unité de lieu, prendre son temps. Le temps de poser une ambiance, de préparer ses effets dramatiques, de jalonner la courbe de certains de ses héros et donc de tisser la broderie sociale prête à se lacérer à tout instant. Enfin ! les vraies problématiques sont abordées et les dilemmes, choix et sacrifices inhérents à ce nouveau monde se posent frontalement, sans détours, et dans la tentative certes encore maladroite mais bien présente de garder une cohérence.

La contrepartie de ce volte-face quelque peu brusque est un rythme claudicant qui peine à s'équilibrer, une mise en scène trop souvent mollassonne et un tempo général de saison qui a tendance à tourner en boucle sans véritablement installer son atmosphère de fin du monde au coeur des champs flamboyants de la ferme. En d'autres termes, elle ne parvient pas encore à faire de ses longueurs une réelle langueur.
A celà s'ajoute toujours de trop nombreuses scories mélodramatiques qui manquent singulièrement de finesse et d'intérêt dans l'écriture et dont la mièvrerie générale jure réellement avec la voie de western eschatologique dont le volet "masculin" se teinte parfois, surtout dans son dernier tiers. Il y a cependant, il faut le reconnaître, parmi tout ça quelques éclats formels, quelques instants de mélancolie ou de tension qui ne ratent pas le coche et font mouche. Mais ces parenthèses sont encore bien trop rares et semblent trop relever du hasard de petit chimiste (quand le vrai chimiste d'AMC, Breaking Bad, en propose plusieurs par épisode). Aussi, la série est-elle encore bien trop bavarde. Ou plutôt, ce qui était latent dans la première saison éclate à présent : ce qui demanderait de la finesse est desservi par des acteurs soit totalement inexpressifs soit totalement caricaturaux : Rick et Shane ressassant, par exemple, les mêmes tics, la tête penchée, le sourcil fronçé et le regard au loin dans le vide.


S'il est clair que The Walkind Dead patauge encore quelque peu dans le marais de ses nombreux défauts, ces derniers sont à présent essentiellement formels. Sur le fond, dans son ton et ses intentions, la série commence petit à petit se trouver et le season finale de la seconde saison est à ce titre de très bonne augure.
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