Une série culte de la new-wave japonaise

Avis sur Vision of Escaflowne

Avatar Hibiscus Mavros
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Pour ceux qui ne connaissent pas les méandres des animes, la période du début des années 1990 a été la grosse vache maigre des studios d'animation nippons, et puis, 3 séries sont arrivées à la suite quasi continue Evangelion, directement après Escaflowne, et un an et demi plus tard, Cowboy Bebop, produit par une grande partie de l'équipe d'Escaflowne...
Ces séries constituent ce que l'on appelle la new-wave, c'est à dire, les séries qui ont redéfini les codes de l'animation, notamment par une réalisation plus cinématographique !

Escaflowne, c'est à la base une idée de Shoji Kawamori, celui qui a développé le concept de Macross et en a quasi supervisé toutes les adaptations.

Qui dit Kawamori dit mecha, et là, il a choisit des mechas médiévaux, un essai étonnant brillamment transformé par le mecha-designer Kimitoshi Yamane (c'est lui qui aura l'idée de la transformation de l'Escaflowne en dragon).

Et pourtant, l'histoire de base est un vrai shojo, à savoir une série pour fille, de base, qui n'est pas sans rappeler un succès de Yuu Watase, Fushigi Yugi...
Sauf que là, si on part toujours du postulat de l'adolescente propulsée dans un monde mystérieux, c'est vraiment pour le pire...

Après 5 épisodes qui s'enchainent fluidement et plante le décor, la série développe des aspects plus politiques et fantastiques, même si la romance n'est jamais loin.

Il y a de l'humour parfois, et d'autres, du tragique, les personnages évoluent tous face aux événements, les illusions tombent, la réalité est parfois une claque...

Le scénario est bien ficelé et tout s'enchaîne assez bien même si on sent l'effet de la coupure budgétaire imposé par Sunrise (la série était prévue sur 39 épisodes, elle n'en comptera que 26 en raison des difficultés financières du studio à l'époque).
Cet aspect un peu tronqué se voit pas la suppression des résumés en début d'épisode à partir du #09 et surtout les périodes résumées entre les épisodes #18 et #19 et #22 et #23.

La fin parait ainsi brutalement amenée, mais elle est réussie, loin du happy-end total...

Cette fin est d'ailleurs, pour beaucoup, frustrante, car ouverte, cependant Shoji Kawamori lui-même a dit avoir laissé la fin aux fans et libre à chacun d'en imaginer une suite...

Côté personnages, on a un large panel, de l'héroïne de base avec le héros rebelle, le chevalier blanc, la princesse pas si écervelée que ça, la minette a priori bête, le marchand excentrique au stratège très habile, ainsi que le savant fou et le pyromane complètement dément !

Pour la technique, si le design peut faire un drôle d'effet avec les nez longs et les codes shojo, il est soigné, en même temps, les premiers croquis sont de Nobuteru Yuki (celui qui est l'origine de la première grève des animateurs à cause de ses dessins trop détaillés pour les OAV de Lodoss), repris par Feu Hiroshi Osaka.
L'animation est très soignée, et la réalisation de certaines scènes est digne d'un film. L'épisode #22 et ses flashbacks sépia est sans doute l'apogée du travail sur ce point !
Bref, Kazuki Akane se pose en réalisateur de talent !

Et puis, il y a la musique, composé par Yoko Kanno et Hajime Mizoguchi et jouée par l'orchestre philharmonique de Varsovie.
La plupart des morceaux sont de type classique et certains comportent de belle envolée, parfaitement en adéquation avec les scènes de combat !

A noter un doublage original bien plus réussi que le français (la version française ayant été très adoucie au niveau des dialogues, notamment sur le langage assez peu châtié de Van).

La série a plutôt bien vieillie, les incrustations 3D sont correctes pour l'époque !

Je conseille de la découvrir en VOST en version intégrale (plusieurs scènes coupées sont présentes dans 6 des 7 premiers épisodes) !

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