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You a incontestablement le sens du tragique. Il est plutôt facile de deviner la manière dont va se terminer la série une fois celle-ci commencée, et il est vrai que les élucubrations d'un psychopathe attirent toujours la curiosité malsaine d'un spectateur en manque de sensations fortes. Pourtant, à bien y regarder, la série est malheureusement truffée de lacunes qui laissent un peu dubitatif. L'histoire de ce libraire psychopathe stalker obsédé par une femme dont il tombe amoureux et dont il va faire le ménage dans la vie par le crime était un concept prometteur, développé d'ailleurs dans un roman qui, s'il suit la narration de la série, doit être absolument affligeant, et l'idée d'une adaptation d'une telle histoire en série était plutôt très bonne tant le format semblait plus adapté. Mais le syndrome de la série Netflix est passé par là, et You souffre comme nombre de ses congénères du manque de crédibilité, de sobriété et de sagesse dans la réalisation. Les acteurs sont peu crédibles, la narration est grossière, parfois lourde et chaque propos est souligné de manière abominable. Quelque chose semble avoir été bâclé dans les finitions et il est quasiment impossible de croire en l'histoire. Tout au plus, le spectateur regarde la série par désir de connaître les tenants et aboutissants de l'intrigue sans prêter aucun semblant de réalisme à aucun des personnages ni à celui des situations évoquées. You se contente d'être un tourbillon passager, attrayant et sacrifie très vite un superbe concept pour accoucher d'un feuilleton légèrement glauque et forcément un peu prévisible, voire attendu.

You surfe donc sur une vague maintenant très ancienne de la fascination pour le psychopathe, pour le malade et pour le sociopathe. Si certains chef-d'oeuvres permettent de se plonger dans des esprits tordus afin de se questionner notre perception, la pertinence de notre système moral ou encore notre propre santé mentale, You met en scène un personnage caricatural, faussement cynique et immature aux velléités très peu subtiles. Joe Goldberg est donc l'archétype de l'homme ténébreux censément attirant à l'esprit dérangé dont le spectateur voudrait être l'ami. Le personnage attire forcément la sympathie tant les autres sont des ectoplasmes sans consistance et des caricatures plus énormes encore que celle opérée pour le personnage principal (Beck et Peach mon Dieu...). De cette mise en abîme intéressante entre le complexe divin et la qualité de libraire régnant sur des cosmos à part entières, la série ne fait rien ou pas grand chose. Cependant, pendant quelques instants fugaces, le spectateur se perd et se laisse gagner par le suspens qui est une qualité de la série, notamment pendant le dernier épisode qui vaut le détour. Personne n'est insensible à l'archétype du tueur avide du sang des femmes, mais il n'est pas sur que You survive dans la mémoire autant que la vague sur laquelle elle tente de s'arrimer. Les ficelles sont souvent bien trop grosses (le thème de l'enfance battue, de l'amoralisme du crime ou des misères du désir) pour pouvoir être inoubliables.

PaulStaes
4
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1 commentaire

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Rujkik
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