Si je vous dis : une équipe qui s'en prend aux criminels que la loi néglige, ça vous fera certainement penser à d'autres films ou séries comme Taxi Driver. Et c'est normal. On surfe sur la même idée que la justice n'arrive pas à sanctionner, ou sanctionner correctement, tous les criminels dangereux. C'est un thème forcément porteur, car qui n'a pas pesté à cause du fait que tel criminel sorte de prison relativement vite par rapport à la monstruosité de ses actes? On surfe aussi sur les mêmes questionnements moraux : une justice non officielle est-elle une bonne justice? Tuer des humains très nuisibles peut-il se justifier moralement en dehors de tout procès? Etc. Vu la manière dont les choses sont présentées dans cette série, il y a fort à parier qu'une majorité des spectateur aura choisi le camp de l'équipe qui s'en charge dans cette fiction.
Et le travail de cette équipe n'est médiatisé que quand sa tireuse d'élite doit intervenir, en dernier ressort, quand les autres méthodes, plus discrètes, ne peuvent pas être appliquée du tout, ou pas appliquées dans un délai raisonnable. Surnommée "Kingfisher", elle bénéficie d'un large soutien populaire. Alors que de son côté, la police pense qu'il est au contraire de son devoir de la stopper, car il n'est de justice que par les instances officielles. Quand elle reprend du service, après une pause de plusieurs années pour se marier et un avoir un enfant, la police décide donc relancer l'enquête. En pensant d'ailleurs, en raison d'un préjugé sexiste, qu'il s'agit d'un, et non d'une tireuse. Détails piquants : son mari journaliste, plutôt fan de Kingfisher, ignore apparemment que c'est son épouse. Et le meilleur ami de son mari est aussi le policier chargé de l'enquête. La suite à l'écran.
En dehors du questionnement moral propre au thème, le drama est bien rythmé, ponctué d'humour à intervalle régulier et très bien interprété, surtout en ce qui concerne le couple mari journaliste/épouse tueuse. Gong Hyo-jin (Don't dare to dream, When the camellia blooms, etc.) dans le rôle de Kingfisher joue juste dans tous les registres. Jung Joon-won est lui très émouvant en mari et père qui tient à son épouse comme à la prunelle de ses yeux. Le reste du casting est à la hauteur également, même si on n'a pas pu s'empêcher, du côté des scénaristes, de placer quelques-uns des personnages caricaturaux habituels des séries coréennes, comme la belle-mère possessive et trop protectrice de son fils chéri (ceci dit, le personnage évoluera dans un sens favorable...).
Le point qui m'a déçu et qui m'empêche de trop m'enthousiasmer, c'est le lapin sorti du chapeau au 13e épisode pour créer la situation finale. Dans un film ou une série, je considère comme une entourloupe le fait de sortir un élément totalement nouveau juste avant la toute fin pour faire progresser l'intrigue dans la dernière ligne droite. Je trouve ça un peu trop facile. C'est comme si on n'avait pas pensé à une porte de sortie en bonne et due forme, alors on fait un trou dans le mur avec de la dynamite apparue par miracle. Quand vous y serez, vous comprendrez de quoi je parle. Car j'espère que vous le verrez. Mais cela met simplement en avant le fait que, souvent, bien finir semble plus difficile que bien commencer...
Précisons enfin que l'histoire est tirée d'un manhwa de 2020.