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le 12 sept. 2023
SuivreDéconcertant
Alors les voyages dans le temps, le surnaturel, j'adore et je marche à fond dès le départ. Mais pour ce drama, j'ai un mal fou à le comprendre et à capter le sens de l'histoire, car c'est franchement...
Ce drama aurait pu être un challenge de ma liste K-drama Cap ou pas Cap ?, mais j'ai décidé de prendre les devants. Ce n'est pas l'histoire, ni les acteurs qui m'ont amené à regarder cette série; mais l'intrigue autour du voyage temporel pour vérifier (encore) si çà tenait la route...ou pas. L'histoire n'est pas compliquée, elle est faussement nébuleuse. Dans un récit de SF, il faut que le scénario tienne son postulat de départ, quelques soient les situations proposées et envisagées, si on veut que ce soit crédible un minimum. Malheureusement, après deux épisodes "potables", A Time Called You va s'engluer dans ses propres contradictions, preuve en est, puisque ce n'est qu'à 20 minutes de la fin, que l'héroïne, prise dans un éclair de lucidité, viendra régler le problème après nous avoir fait trainer plus de 99% dans l'inutilité de cette histoire rocambolesque. Entre création de paradoxes temporels, multivers, principe de cause à effet non respecté, je pense que on a demandé à Choi Hyo-Bi, (la scénariste) de remplir un cahier des charges au dessus de ses compétences : une histoire d'amour je veux bien, mais qui va vite s'embourber dans un tas de conneries les unes plus grosses que les autres. Où comment te torturer l'esprit pour rien : remarque c'est bien, çà fait réfléchir. Et j'ai beaucoup réfléchi pour démêler tout ce méli mélo.
Depuis un an, Han Jun-Hee(Jeon Yeo-Bin), vit dans une tragédie : son fiancé, Koo Yeon-Jun(Ahn Hyo-Seop) est décédé dans un crash d'avion. N'ayant jamais pu faire son deuil, elle reçoit un jour un mystérieux Baladeur K7 qui diffuse une chanson précise. Elle s'endort en l'écoutant et se retrouve propulsé en 1998, dans le corps de Kwon Min-Ju, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau. Elle va faire la connaissance d'un certain Nam Si-Heon, qui lui est le portrait de Yeon-Jun. Il est accompagné de son meilleur ami Jung-In-Gyu(Kang Hoon), un garçon réservé et timide, qui est amoureux de Min-Ju, qui ele, n'a d'yeux que pour Yeon-Jun. Tu l'as sens venir la carotte au début. Bref, Jun-Hee n'a pas l'air traumatisé plus que çà de la situation, et ne se pose pas la question de sa voir où est passé la conscience de Min-Ju. Les deux garçons, je te rassure, ne se poseront pas non plus au début de questions sur le changement de personnalité de Min-Ju. Si la personnalité de Min-Ju indiffère Si-Heon, en revanche il est attiré par celle de Yeon-Jun. Au début, durant deux épisodes, j'ai même cru qu'on était dans un BL vu l'attitude des lycéens.
La mise en scène déploie un certain charme, unissant la nostalgie esthétique des années 90 et l'angoisse d'un thriller psychologique plombé par l'ombre d'une menace criminelle. Cependant, il est impossible de fermer les yeux sur la dissonance visuelle du casting : parachuter des acteurs trentenaires confirmés dans des uniformes de lycée pour leur faire jouer l'innocence de l'adolescence casse immédiatement l'immersion. Malgré ce décalage, il faut saluer le courage des acteurs principaux (notamment Jeon Yeo-Bin et Ahn Hyo-Seop), qui héritent d'un véritable parcours du combattant. Incarner des doubles rôles à travers différentes époques, jongler avec des ruptures de ton permanentes et faire semblant de croire à des aberrations psychologiques relève de la haute voltige. Les comédiens jettent toutes leurs forces dans la bataille, mais cette fausse intensité dramatique et une sincérité qui n'en a que l'apparence, frôlent pourtant le ridicule à cause d'une écriture aux abois. Leur talent indéniable sert de paravent luxueux à un scénario qui prend l'eau de toutes parts, donnant cette impression douloureuse de voir de superbes chevaux de course attelés à une charrette crevée. Par contre, comme d'habitude, Kang Hoon est le maillon faible, avec son regard d'huitre et son acting aux fraises. Rapidement, le mur de la logique et les paradoxes temporels vont apparaitre : Le triomphe absolu du non-sens quantique ; même Marvel n'aurait pas osé.
À mesure que l'on dissèque les actes des protagonistes principaux, on réalise qu'ils s'avèrent être les véritables fossoyeurs de leur propre univers, loin des héros romantiques qu'on cherche à nous vendre. Refusant catégoriquement d'affronter la réalité brute du deuil et de la perte, ils débarquent dans les failles du temps avec la délicatesse d'un éléphant dans un magasin de porcelaine, bousculant des équilibres psychologiques déjà extrêmement fragiles. Voulant à tout prix régenter le destin et imposer leur vision biaisée du bonheur, ils s'immiscent dans des existences qui ne leur appartiennent pas, accentuant l'isolement et la détresse de leur entourage au lieu de les préserver. À force de manipuler l'espace-temps pour entretenir une illusion amoureuse obsessionnelle et de s'accrocher à des chimères impossibles, ils créent un chaos collatéral gigantesque. Cette incapacité chronique à accepter la mortalité et la finitude des choses transforme des personnages censés être attachants en goujats égoïstes qui saccagent le passé des autres pour soigner leurs propres blessures du présent. Le message sous-jacent devient presque gênant : pour l'amour d'un partenaire, il serait légitime de plier l'univers en quatre, quitte à briser la santé mentale et l'intégrité de tous les figurants collatéraux. C'est le triomphe du nombrilisme sentimental érigé en valeur suprême, prouvant que l'enfer est décidément pavé des meilleures intentions mélodramatiques.
Après un certain nombre d'épisodes passés à agiter de grands effets de manche, à multiplier les fausses pistes criminelles et à faire du surplace scénaristique, le cœur de l'intrigue finit par s'essouffler dramatiquement. La promesse initiale d'un thriller haletant se dissout peu à peu dans une bouillie narrative où les enjeux se diluent dans des considérations mélo redondantes. La confrontation avec les drames du passé révèle des choix d'écriture particulièrement discutables, où l'accumulation de mystères artificiels ne sert finalement qu'à étirer la sauce sur douze épisodes et à justifier des souffrances à répétition pour faire pleurer dans les chaumières. Le public réalise alors avec une amère désillusion que toute cette machinerie spatio-temporelle n'était qu'un vaste écran de fumée pour masquer la vacuité du propos. Un accompagnement psychologique rigoureux, une thérapie de deuil bien menée et une acceptation rationnelle de la fatalité dès le premier épisode auraient largement suffi à régler l'affaire en moins de dix minutes, rendant toute cette gymnastique cosmique aussi vaine qu'épuisante. Le scénario s'embourbe dans ses propres contradictions, oubliant que pour captiver un spectateur avec du fantastique, il faut un minimum de rigueur thématique et un arc narratif qui progresse au lieu de tourner en rond dans une lessiveuse temporelle.
Le summum de la frustration survient lors des dernières minutes du dernier épisode, lorsque l'histoire frôle enfin l'illumination narrative et l'espace d'un instant, et on assiste à un moment de pure clarté où Jun-Hee envisage la seule solution sensée :
détruire le baladeur et la K7 pour supprimer la boucle, effacer les anomalies et ramener les compteurs à zéro dans un grand souffle cathartique.
C'était la décision radicale, courageuse et intègre qui s'imposait pour respecter la logique interne et offrir une vraie conclusion adulte. Malheureusement, tétanisée à l'idée de frustrer le grand public et terrassée par la peur d'un dénouement trop sombre ou amer, la production capitule lamentablement dans les toutes dernières minutes. En ressuscitant le cliché éculé du destin magique, des retrouvailles télépathiques sur un coin de rue et de la mélodie salvatrice, la série sabote ses propres efforts de rédemption pour s'achever dans un nuage de mélasse guimauve aussi incohérent que décevant. C'est la victoire de la carte postale romantique sur l'intégrité artistique : on préfère contenter le gros bénêt avec un faux happy end artificiel cousu de fil blanc plutôt que d'assumer une fin tragique mais logique. Une conclusion en queue de poisson qui confirme que cette histoire était une purge de A à Z, laissant le spectateur dépité face à un tel naufrage. On tenait la solution à ce problème en cinq minutes, mais il fallait bien remplir 12 épisodes. Je n'ai jamais été convaincu par ce voyage de la conscience. Bref, tu aimes les histoires romantiques, teintées de fantastique et qui tiennent la route ? Regarde plutôt Extraordinary You. Et Pourquoi L'armée des 3 singes ? Tu ne connais pas L'armée des 12 singes ? Aïe aïe aïe !
Main Theme : Seo Ji Won - Gather my tears
Additionnel OST : NewJeans - Beautiful Restriction
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Le pire des K-dramas (3 et 4 / 10), Playlist K-dramas et Les changements de titre (stupides ou pas) dans les K-dramas
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il y a 3 jours
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le 12 sept. 2023
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