The King of Fighters, Ultimate Tournament (saisons 1 & 2)

**** Je n'ai pas voulu refaire toute mon intro qui concerne la saison 1 en majorité. J'ai juste upgradé par endroits ****


Basé sur le roman de Kang Ji-Young, décliné en trois volumes, l'adaptation A shop for Killers saison 1,est une adaptation fidèle de l'oeuvre en ce qui concerne le chapitre 1. C'est tout simplement un des meilleurs drama action coréen et je pèse mes mots. C'est un quasi sans fautes du début à la fin. Enfin un réalisateur qui connaît son boulot et le fait bien, une histoire simple et cohérente, un metteur en scène qui sait diriger ses acteurs, un monteur qui ne se drogue pas, bref des gens impliqués à 100% pour nous proposer du lourd. Et quel casting les enfants! Tous les personnages sont attachants, les bons comme les mauvais, on est au cœur de l'action avec eux. Il y a même des moments touchants et émouvants, si si vous verrez. Comment ne pas craquer devant Ji-An enfant? (saison 1) Une série jouissive, violente, gore vers la fin, rythmée, mais qui sait ralentir quand il le faut pour ensuite repartir de plus belle. Une intrigue menée en parallèle sur deux trames temporelles qui finiront par se rejoindre: une dans le passé et l’autre dans le présent de l'héroïne, doublées de phases explicatives entre les plages de Gunfight. J’ai adoré ce mélange des genres, une espèce de sucré/salée bien dosé et savamment orchestrée. Pour la saison 2, c'est par contre une toute autre histoire : ce n'est pas une adaptation du chapitre 2, mais une totale idée originale sorti de l'imaginaire des co-réalisateurs et co-scénaristes.


Saison 1 : l'Antre de Murthehelp *** 9/10 ***


L'histoire débute dans une lointaine campagne, tout près de la frontière nord coréenne, non loin d'une base militaire. Personne et rien à des kilomètres...Ou presque. Une villa isolée et fortifiée, plantée dans le décor, est assiégé par des mercenaires. Ils sont venus dans le but de tuer Jeong Ji-an(Kim Hye-Jun), nièce et héritière du propriétaire des lieus, Jeong Jin-Man(Lee Dong-wook), son oncle décédé récemment dans des circonstances mystérieuses chez lui. Ancien membre des forces spéciales, ancien mercenaire, il dirige un commerce un peu particulier, dont la villa n'est que le sommet immergé de l'iceberg. Cet homme s'est substitué aux parents décédés de Ji-an il y a une quinzaine d'années, et l'a élevé non pas comme un père classique, mais il l'a aussi préparé à affronter seule de futurs dangers pour survivre dans l'adversité. Comme lui, elle devra se préparer à affronter de dangereux prédateurs. Il lui enseigna des choses que tu n’apprends pas à l’école, pour la pousser dans ses derniers retranchements et forger son caractère, mais pas que...


Ce que j'ai avant tout aimé, c'est la façon dont l'histoire nous est raconté: on commence par le milieu, pour partir dans le passé et enfin revenir dans le présent. Le scénario se dévoile au fur et à mesure des épisodes. Les flashback sont très bien intégrés et sont consistants et instructifs, ils ne sont pas là pour meubler du vide, mais bien au contraire ils vont apporter des informations essentielles pour une meilleure compréhension. On vous distillera toutes les informations dont vous avez besoin, au moment opportun. Un sans fautes dans les transitions. Les épisodes 6 et une partie du 7 ne peuvent être assimilés à des flashback, car ils font la durée de l’épisode. Et surtout, l’épisode 7 fait la charnière entre toutes les temporalités, il fait office de raccord de toute l’histoire, comme si on avait aussi récupéré les scènes coupées au montage du 2e épisode, j'ai trouvé cette façon de montrer l'envers du décor vraiment géniale et jubilatoire, comme si un magicien venait à te dévoiler son tour de prestidigitation.


Ensuite il y a les personnages, les bons comme les mauvais. Ils ont leur propre personnalité et histoire. Ils sont tous badass et apportent quelque chose. Il y a plein de références à des films américains comme par exemple Commando, Karaté Kid, Bloodsport, mais aussi Kill Bill, Expendables, etc. Ma préférée de la "Team Ji-an" est Min-Hye(Geum Hannah), une chinoise experte du close combat et du maniement d'armes. Je vous laisserai découvrir son passé. Il y a aussi le thaïlandais Pasin(Kim Min), le frère d'armes de Jin-Man, qui a formé Min-Hye, puis Ji-an. C'est un peu l'oncle de la famille. Puis il y a le bègue qui n'a pas de nom, que tout le monde appelle "Frère"(Lee Tae-Young), le spécialiste en informatique qui connait tous les secrets de la place forte. Enfin bien sûr il y a Ji-An, un petit bout de femme à qui il ne te viendrait pas l'idée de venir emmerder. De l'autre coté, chez les "bad guys" de chez Babylon, tu as les jumeaux tout droit sorti de Matrix, mais surtout Lee Seong-Jo(Seo Hyun-Woo), qui va te démontrer que être végan, c'est l'apanage des fragiles et des imbéciles. Et puis enfin, tu vas rencontrer le boss final, celui qu'on t'autorise à affronter si tu l'as mérité en fin de partie. Bale(Jo Han-Sun) est un non humain, un psychopathe qui ferait fuir une meute de hyènes, surtout quand il ressemble à Albert Wesker dans sa phase 2.


Pour chipoter et trouver des défauts, au niveau de mes petites déceptions, ce sont les FX et les effets visuels qui alternent le bon et le moins bon: si les drones de combat sont bien réalisés, sauf en vol, la modélisation du"super" loup est complètement loupée, ça fait vraiment tâche. La quasi résurrection d'un personnage clé tient aussi du mystique. Il y a beaucoup de rythme, même si par moment on réutilise des scènes inutilement. Mais revenons dans le positif. Les scènes d'action sont de toute beauté: en véhicule, à l'armement lourd, à l'arme blanche, en close combat, tu vas en prendre plein la vue, on est dans un tournoi à la vie à la mort. Le tout en osmose avec une bande musicale de qualité. Quand Benzamin s'investit dans un projet (Héros Fragile), tu sais où tu mets les pieds. Tu verras aussi des moments émouvants et forts :

Au milieu du 2e épisode il y un passage sublime entre Ji-An enfant et Jin-Man, on montre que même sans une ligne de dialogues durant de nombreuses minutes, on peut ressentir une foule d’émotions. J'ai presque chialé. L'assassinat des parents de Ji-An est à glacer le sang, mais elle aura sa revanche à la fin dans une scène dantesque avec Seong-Jo.

Niveau rebondissements, tu ne seras pas déçu, sauf au début, et à moins d'être complètement à l'ouest,

on sait très bien que Jin-Man n'es pas mort, car Jin-An remarque le tatouage sur le bras du cadavre que son oncle n'avait pas.

Il y a des scènes mémorables que tu vas te repasser en boucle, et tu vas réécouter la musique qui a un air "vintage" comme un tic. Bref, je me suis pas encore remis de ce drama que je vais revoir plusieurs fois je pense. Le nombre d'épisodes est suffisant, et la durée des épisodes est au poil. Certains viendront me dire, oui super tout ça, on a regardé, c'était bien mais ta fin elle est pas un peu pourrie quand même, on se foutrait pas de notre gueule par hasard? Et Bale? Et Jin-Man? Pas de panique les amis, vous croyez vraiment que j'aurais mis 9 si ça se terminait en eau de boudin? Le temps de finir de nettoyer la barraque, de ravaler les façades, la saison 2 vient d'être tournée et la diffusion de la seconde partie en guise de conclusion va arriver courant 2026. Astiquer vos flingues et vos lames, ça va encore saigner. Dernière chose, dans le genre y'a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, j'aime Lee Dong-wook.


Main Theme: Benzamin - How can I be late

Additionnel OST: A Shop Of Killers


Saison 2 : Murthehelp VS Babylon *** 7/10 ***


La saison 1 de A Shop for Killers fonctionnait grâce à un subtil équilibre entre un thriller haletant et claustrophobe, servi par une action inventive qui surprenait à chaque instant. On suivait Ji-An dans une progression crédible, on tremblait pour elle et on guettait avec anxiété ses choix hasardeux. On était sous le feu d’une tension constante, avec des rebondissements à chaque épisode. C’était assez difficile de lire dans le scénario, car les informations étaient distillées au compte-gouttes. La saison 2 change radicalement de registre et pourtant, le premier épisode donnait l’eau à la bouche, car il était malin et proposait encore une superbe idée pour remettre dans le bain les anciens spectateurs, mais aussi ceux qui prendraient l’aventure en route. Malheureusement, j’ai immédiatement été moins convaincu par la suite. Alors, certes, le drama se déguste comme un bon paquet de Kopiko, mais en s’affranchissant totalement du roman pour exploiter le filon 100 % action.


Le premier épisode démarre sur une idée plutôt originale : il se déroule durant le dernier épisode de la saison 1, mais du point de vue de Jin-Man. On verra l’envers du décor, mais on en profitera aussi pour découvrir ses liens avec la branche japonaise de Babylon, plus de quinze ans auparavant, avant qu’il ne fonde Murthehelp. Si la saison 1 était une fidèle adaptation du chapitre 1 du livre de Kang Ji-Young, cette suite est une libre adaptation qui ne suit absolument plus le fil conducteur de la trilogie originale. Je vais être franc : j’aurais pu m’arrêter dès la fin de cet épisode d’introduction. Pourquoi ? Parce que la suite abandonne totalement la grosse partie thriller intelligent pour plonger dans un spectacle d’action plus générique. J’ai cru me retrouver devant un mix de Counter-Strike et Splinter Cell (les jeux vidéo), et d’Expendables. Alors ce n’est pas pour me déplaire, mais il faut que cela reste à la hauteur des enjeux. Malheureusement, on est plus dans le fan service qu’autre chose. Sur l’ensemble, c’est sympa, mais sans plus. Je suis un peu déçu, parce que le downgrade narratif par rapport à la saison 1 n’est pas que relatif.


Dans la continuité de la saison 1, on attendait le retour de Bale(Jo Han-Sun), l’antagoniste emblématique, le psychopathe, la machine de guerre inarrêtable. Il est bien présent, mais malheureusement, c’est juste un guest qui va laisser la place à la sino-coréenne Jin Kusanagi (Jung Yun-Ha), la dirigeante de la branche japonaise de Babylon. Celle-ci a le charisme d’une huître, et sa meilleure agente, l’agent Q (Hyunri), est à peine mieux. Je ne suis pas contre le fait qu’on emploie des femmes, au contraire, mais niveau badass, y avait rien d’autre sous la main, sérieux ? Ça manque d’aura, mais surtout, elles ne dégagent aucune forme de danger. La team de Murthehelp est bien présente, mais beaucoup n’ont plus le même impact. Ils font acte de présence, quitte à en faire liquider plusieurs à la fin. On aurait pu espérer un renforcement des liens entre Jin-Man et Ji-An : même pas, tout est artificiel et téléphoné. Je ne retrouve pas la hype d’avant, notamment le côté faussement improvisé. Tellement la construction du scénario est basique que l’épisode 2 est aux antipodes du premier. J’ai cru à une vaste blague. La suite n’est guère brillante, et on lit notamment à livre ouvert dans le dernier épisode.


On crée une opposition de style entre deux organisations rivales pour le marché de la vente d’armes sur les marchés parallèles, auprès des gouvernements du tiers-monde, des rebelles ou des milices privées. Là où Murthehelp était présentée presque comme une entreprise locale destinée aux " tueurs du quartier ", on lui fait prendre un gros up, capable de rivaliser presque avec Babylon. L’arrivée de « guignols » en masse rend la série plus spectaculaire, plus sanglante, avec un sound design parfois excessif (les impacts de couteau sonnent cartoon). La violence monte donc d’un cran et on gagne en aspect visuel, tout en perdant en réalisme et en atmosphère. Certains personnages auxquels on était attachés par le passé ne sont pas respectés. Un minimum d’empathie quand même, c’est trop demandé ? Les relations privilégiées disparaissent au profit d’attitudes attendues et futiles. Heureusement que les phases de combat sont bien réglées, il ne manquerait plus que là aussi ils se soient loupés. Mention spéciale à Ji-An, qui a dû lire le livre " Comment devenir une G.I. Joe en 10 leçons " pour rattraper ses lacunes au combat.


Techniquement, c’est solide, rien à dire : la mise en scène est à la hauteur de ses ambitions. Et si tu veux de la baston, des tueries, des explosions et du démembrement en masse, tu vas être gâté. Il est dommage de ne pas voir plus souvent ensemble l’oncle et la nièce, on dirait qu’ils s’évitent la plupart du temps. Je n’ai pas été convaincu par le vrai-faux passage de témoin : Kim Hye-Jun était meilleure et plus crédible dans la saison 1 qu’ici. Visiblement, entre une balle perdue et un coup de poing, elle a eu le temps d’avoir une coiffure impeccable et un raccord maquillage... Mouais, entre baston et salon de beauté, y a des priorités quand même. Lee Dong-Wook fait le taf, c’est propre sans être transcendant. Niveau casting de la team Jin-Man, on retrouve agréablement les anciens, mais comme je n’ai pas envie de spoiler, préparez-vous à être frustrés et dégoûtés. Le drama est court, comme la saison 1, mais la densité est moindre, c’est une évidence. On dirait qu’ils se tournent autour durant plusieurs épisodes avant de prendre rendez-vous pour la baston finale. Quelle surprise !


Au final, cette saison 2 n'est pas mauvaise, loin de là, mais elle a perdu ce qui faisait le sel de la première. Là où la saison 1 cherchait constamment à surprendre, celle-ci cherche surtout à en mettre plein la vue. Ça fonctionne plutôt bien si on la prend comme un pur divertissement bourrin, mais beaucoup moins si on attendait le retour du thriller tendu et malin qui avait fait le succès de la première saison. On conserve les personnages, les armes, les combats et les litres d'hémoglobine, mais on a perdu une bonne partie de ce qui rendait la première saison aussi addictive : la tension, l'incertitude et cette impression que tout pouvait partir en vrille à chaque instant. C'est spectaculaire, parfois jouissif, mais nettement plus prévisible. Le divertissement est toujours au rendez-vous, mais si le steak est plus saignant, il a moins bon goût. La conclusion est d'une banalité déconcertante, mais la bonne nouvelle, c'est que la fin semble fermée... Ce qui ne les empêchera pas de faire un dernier volet à mon avis.


Sur l'ensemble , si je fais la pondération je mets la note de 8/10, ce qui est quand même bien car le divertissement était bien là. L'OST de la saison 2 a entièrement été confié à Primary et GENESIO (plus de 50 morceaux)


Main Theme : Primary (Feat. Kriz) - Burn It

Additionnel OST : GENESIO -In Danger (Instrumental)

Créée

le 3 août 2025

Modifiée

le 13 août 2026

Critique lue 702 fois

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