C'est pourtant une excellente série. Les acteurs sont tous très bons. L'organisation même de cette série est originale : il n'y a que quatre scènes, toutes haletantes, une par épisode, avec chacune une unité de temps digne de la tragédie à l'âge classique. Aucune concession, aucune vulgarité. Et de l'Angleterre à l'état pur - par les lieux, les manières de parler, les détails sociaux.
Ce qui casse cette série, c'est le personnage du jeune garçon. Attendrissant, angélique, trop réfléchi, et finalement trop abouti, il rend l'histoire invraisemblable. C'est pourquoi malgré sa perfection, le troisième épisode, centré sur son état psychologique, m'a paru longuet : il sonne faux.
Je comprends que le réalisateur ait voulu accentuer le contraste entre la délicatesse du personnage et ce dont il est soupçonné. Je comprends qu'il veuille mettre le doute - coupable, innocent ? - dans l'esprit du spectateur. Peut-être a-t-il voulu prouver que "ça n'arrive pas qu'aux autres". Que les situations familiales, les réseaux sociaux peuvent transformer un enfant en meurtrier potentiel. Dommage, ce n'est pas la réalité. L'environnement joue, mais pas que.
La réalité, c'est que les enfants qui accomplissent ces actes (exception faite des schizophrènes) sont des cons : pas bien malins, assez perdus, noyés dans leurs glandes, et surtout sans imagination, sans capacité de se projeter dans autrui.
La diffusion scolaire de cette série, du fait de son réalisme, de sa proximité avec le quotidien, ne peut qu'inquiéter et perturber les enfants. Malheureusement une idée stupide de notre ministre de l’Éducation Nationale.