Noah Hawley aime revisiter les fictions cultes. Sa 1ere saison de Fargo était un modèle de décalque inspiré, sachant jouer sur les ressorts mystiques pour donner perspective et profondeur à l'absurde désenchanté de l'original.
Dans Légion, il laissait libre cours à ses envies de décorateur d'intérieur férocement atteint par les années 70. Et poursuivait le plaisir de fictions retorses sur les jeux d'identités, les aleas, tours et détours de psychés menteuses et dissimulatrices.
On lui pardonnait ses longueurs et ses développements erratiques car il y avait en permanence le plaisir d'expérimenter.
Alors que s'est-il passé avec cet Alien Earth? Sur le papier, sans doute, l'envie de rajouter au bestiaire enfants hybrides, nouveaux mutants, ambivalences de toutes formes tous degrés de transhumanisme. Mais à l'écran, c'est une catastrophe. Aucune cohérence, aucune évolution suivie, une totale absence d'émotion, un récit sans intérêt... Une DA qui recopie obsessionnellement la chartre graphique de la franchise. Mais le reste se noie dans la plus grande confusion. Ce qu'il y a de plus intéressant à dire de ce naufrage se situe sans doute dans les arcanes de sa production.