Au début, plutôt admirateur béat du xénomorphe, j’étais plein d’enthousiasme et de curiosité pour la série «Alien : Earth», puis à partir de l’épisode 3 j’ai commencé à franchement décrocher. L’exaspération - et à divers moments une franche incompréhension - ont rendu ma geekerie friable. Les trop nombreuses incohérences et les grasses facilités (mais enfin n’y a t-il pas d’alarme dans cette base top secrète ?) pour tenter de faire avancer l’histoire m’ont baigné dans un taux d’ennui maximal !... Quel pétard mouillé...
Pourtant, des bonnes idées, il y en a tellement : le pouvoir de contrôle technologique de Wendy qui se révèle être une arme ultime / Kavalier qui étudie le mouton / Ce nouveau Peter Pan qui s’avère être un bien piètre «magicien», mais un homme grotesque et en colère / Kirsh, le synthétique loyaliste qui se pose de nouvelles questions / les autres créatures extraterrestres comme la plante dévoreuse ou surtout le Midge Oculaire/ le concept de sifflements et de clics de Wendy qui ne contrôle rien, mais qui communique /... Mais voilà, le problème est qu’il y a dans chaque épisode plutôt de la bonne idée de départ et surtout du Grand n’importe quoi.
Hélas, la thématique passionnante amorcée au début au sujet du «The Real Monsters ?» s’infuse mollement au fil des épisodes, pour complètement disparaître par la suite. Quel dommage d’éluder ainsi toute cette partie philosophique et politique. Car «Alien : Earth» portait cette promesse : les vrais monstres ne sont peut-être pas ceux que l’on croit. Le personnage Kavalier, gamin génie-tyran, elonmuskien en puissance, nous rappelle que la plus grande horreur vient souvent… de l’humain. Mais sur ce versant, la saison 1 reste bien aride. La cruauté humaine et celles des corporations terrestres capitalistiques ne sont rapidement plus au coeur du récit.
Il y a trop de personnages (de fait les sous-intrigues ne fonctionnent pas), mais surtout les personnages principaux sont tellement mal développés - trop de caractéristiques basiques (un simple exemple : Dame Sylvia, dont on ne comprend rien aux motivations, passe le plus clair de son temps à boire du thé devant son iPad). De nombreuses ellipses ne fonctionnent pas non plus (ex : le scientifique qui retrouve ses esprits hyper vite après son facehuggeing,...). Le récit accumule les incohérences - exemple : le dialogue incongru de Wendy et de son frangin Joe où ces deux-là se mettent à déballer leurs sentiments durant 3 minutes (!) sans même être certains que la menace du midge oculaire soit partie (nous, on le devine lors d’un très rapide insert, mais pas eux). Un autre belle gabegie : il n’y a pas de logique topographique. Il y a là une nonchalance qui frise le je-m’en-foutisme narratif.
Alors que le xénomorphe sème durant 4 épisodes nonchalamment ses massacres dans les couloirs (sans inventivité, ni terreur), le showrunner Noah Hawley se décide enfin à exploiter le décor récréatif et divertissant de cette île-laboratoire - mais non, rien ne se passe ou presque. Le massacre final que j’espérais tant n’arrive jamais. C’est quand même assez éprouvant de se contenter de looonnngues séquences de blabla-ing encombrants encore et toujours dans des décors en studio. «Dans l’espace de mon canapé, personne ne vous entend roupiller»...
Peut-être que l’exercice délicat entre hommage et réinvention élevait la barre trop haute.