Le film Rogue One était une des rares bonnes surprises dans la lourde pile de contenus sortis par Disney à la suite de l'acquisition de la franchise, mais j'ai attendu d'entendre les éloges de sa préquelle Andor pour lui donner une chance. Les séries Star Wars allaient jusqu'à présent du passable (The Mandalorian) au mauvais (Obi-Wan), et ne surprenaient jamais par la qualité de leur écriture ou développement des personnages. Des héros, des méchants cartoonesques, des environnements en images de synthèse, plein de fan service, et un rythme qui donne la priorité à l'action et à l'adrénaline. Bref, j'avais cessé d'y croire.
Mais voilà, Andor arrive, et c'est une claque. C'est une série qui fonctionnerait en dehors de Star Wars, même si elle est bien ancrée dans son univers. C'est un tableau du fascisme bureaucrate de l'Empire, et en même temps une série d'espionnage, avec au milieu un film de casse, un film carcéral, bref un méli-mélo de thèmes assez matures qui s'intègrent étonnamment bien dans un ensemble cohérent. Et si Andor ne manque pas de moments d'action intenses, ils sont minoritaires dans cette série plus longue qui sait poser les flingues et construire proprement ses personnages, lieux et concepts. On a ainsi deux épisodes pour apprendre à connaître l'équipe avant le splendide épisode du casse, plusieurs épisodes de prison avant la tant anticipée évasion. Et une construction de l'univers de Ferrix tout au long de la série pour amener le splendide épisode final.
Andor, c'est une série beaucoup plus ancrée dans le réel, par ses plans du point de vue des personnages, par ses scènes de vie quotidienne, son esthétique, ses lieux de tournage. C'est aussi une série avec des personnages plus nuancés, et qui fait exister les cultures et traditions de différentes planètes (Ferrix, Aldhani, Chandrila).
Bref, Andor réussit parce qu'ils ont d'abord voulu faire une bonne série, et pas simplement faire du Star Wars.