Un pur conte de fées dans un pays des merveilles délicieusement exotique : les chinois semblent adorer ces univers fantasmagoriques et les recréent avec un enthousiasme communicatif... ou pas.
On peut rester extérieur et critique face à ce déballage de couleurs, de costumes rutilants, de jardins débordant de fleurs, de ciels remplis de draperies multicolores et d'aurores boréales, c'est parfois trop, beaucoup trop, mais si on se laisse aller, la magie finit par nous bercer et nous emporter dans un autre monde au mépris de notre volonté d'un minimum de réalisme. Vous qui passez ce seuil, abandonnez tout critère de jugement, ici les lois sont celles de la fantaisie!
Je n'ai pas tout aimé dans ce drama: la première partie, idyllique avec une héroïne tellement naïve, gentille, agaçante et innocente(une vraie princesse de conte de fée en somme), et d'interminables scènes de badinage avec des personnages tous béats d'amour ou d'admiration, si la touche d'avance rapide n'avait pas existé, j'aurais abandonné de lassitude. En fait, les histoires et les personnages secondaires m’intéressaient bien plus que l'intrigue principale(triangle amoureux sans amour puisque que notre immortelle des fleurs ne peut ressentir de sentiments). Des complots, rebellions, injustices, différents royaumes et personnages qui se révéleront peu à peu à la lumière de leur passé tragique, les destinées de leur parents et de sombres prédictions sur le futur car les méfaits ne peuvent rester éternellement cachés. Il y a une foule de personnages très attachant: le petit immortel serpent, le renard, la princesse démon... l'horripilante méchante belle-mère et nombre de royaumes à visiter, pleins de merveilles opulentes, inondées de fleurs et de feux artifices de magie ou de démons baignés de lumières pourpres, des combats dans des voiles virevoltant, des monstres enragés et un mignon petit cerf mangeur de rêves.
C'est le contexte, l'univers totalement exubérant, pure fantaisie souvent déroutante pour nous européens, étonnante qui m'a séduite. Et puis, le vent tourne, la seconde partie plus noire et désespérée est bien plus intéressante, bien plus sérieuse, confrontations entre les personnages qui se dévoilent, la noirceur cachée jaillit dans la lumière(et l'on se prend à l'instar des héros à regretter les beaux jours de féérie idyllique). Il y a de splendides scènes de combat entre les armées célestes et les peuples démons, des faces- à-faces émouvants, des retournements, des regrets et des expiations.
Et voilà: un vrai conte de fée comme on n'ose plus trop en faire chez nous. Abandonnant mes réticences, je me suis laissé charmer avec délices retrouvant les émerveillements de l'enfance, une débauche de magie visuelle, un grenier rempli de trésors étincelants et d'artifices clinquants, à la fois sucré et acide(pour mon esprit critique), mais tellement rafraichissant.