Une série de la BBC au charme rétro où l'on retrouve l'inénarrable D I C de Life on mars (Gene Hunt) et son équipe. Un ancrage dans les années 80, les années Thatcher, avec son contexte socio-économique voire géopolitique (la guerre des Malouines, l'ANC) et sa fabuleuse bande-son, très eighties. Ici encore beaucoup d'argot (et un sacré bon boulot côté traduction, avec des noisettes et des écureuils ou des tatas moustachues), un accent de Manchester à couper au couteau, un commissariat en bordel où Hunt ( le "guvi") éructe et aboie ses ordres, où l'inspecteur Ray(mondo) mâche son chewing-gum et profère de temps à autre (souvent en fait) des propos machistes, heureusement tempérés par Chris et la nouvelle venue Shaz. Et c'est dans cet univers sexiste que déboule l'inspectrice Alex Drake, conscience féministe et rappel à la loi (puisque Gene Hunt a comme toujours des méthodes border line). La rencontre (ep01,s1) est stricto sensu renversante, avec des cadrages marrants, et même si les saisons 1 et 2 sont un brin lourdingues (dans le féminisme justement et la conscience maternelle), la saison 3 donne beaucoup de profondeur et de complexité aux personnages, avec un final très réussi qui, cerise sur le gâteau, répond aussi aux zones d'ombre laissées en suspens dans Life on mars quant à la fin de Sam Tyler.
Bref des dialogues qui font mouche, une bagnole rouge (la Quattro) menée à un train d'enfer ( mais est-ce le bon terme ?), de l'ironie et du second degré (so british), un brin de romantisme, et une saison 3 métaphysique où Hunt se révèle à plus d'un titre un bon génie.