Il y a quelques années Alain Chabat avait déclaré pendant le confinement qu'il s'amusait à écrire une nouvelle adaptation d'Astérix. Conçue d'abord comme un film live il a finalement décidé de le transposer pour l'animation. Bon choix. Vraiment ! Surtout après la catastrophe industriel que constitue le film de Guillaume Canet.
23 après le cultissime Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, Chabat retrouve l'univers des célèbres irréductibles gaulois le temps d'une mini-série. Comme pour son film live Chabat respecte bien la bande dessinée éponyme (1966) en faisant la part belle à certains dialogues directement repris. Mais le réalisateur ne se limite pas à cela, autrement ce ne serait pas intéressant.
Chabat propose dans son adaptations quelques surprises audacieuses : 1. un premier épisode racontant la création de la potion magique et comment Obélix est tombé dedans pendant la jeunesse de nos héros (liberté avec l'histoire originelle Comment Obélix est tombé dans la marmite du druide quand il était petit (1965) validée par les filles des créateurs et le directeur des éditions Albert René). 2 Le réalisateur pose un cliffhanger surprenant à la fin de l'épisode 4, même si le dernier épisode retombe rapidement dans les clous. Dans les autres bons point ont peut faire certains constats. Chabat féminise certains personnages de l’œuvre, mais non dans une intention woke ou inclusive. Ces derniers ont une personnalité unique enrichissant l'univers, là où ceux de l'album était des personnages déjà vu (centurion, aides de camp, autre druide). Par ailleurs, d'une manière générale, les personnages de cette mini-série sont très bien écrits car ils sont traversés par des sentiments vraiment poignant et galvanisant. Du côté des gags et références les propositions toujours aussi bien pensées sont légions (je vous laisse le soin de les retrouver, flemme de faire une liste non-exhaustive). Côté animation le support Netflix limite sans doute le rendu (on atteint par vraiment le niveau des films d'animation de Alexandre Astier et Louis Clichy). Je reconnais néanmoins que la palette de couleur est très belle, certains créateurs ayant travaillé pour Dreamworks et/ou Illuminations.
Parlons maintenant côté casting. Chabat en Astérix, ça passe. Gilles Lellouche (seul bon élément du Astérix de Canet, ce qui légitime la reprise de son rôle) en Obélix s'en sort avec tout les honneurs. Anaïs Demoustier est Métadata, impeccable ! Thierry Lhermitte en Panoramix, c'est déroutant. Grégoire Ludig (Abraracourcix) et Géraldine Nakache (Bonemine) passent crême. Grégory Gadebois en Aplusbégalix est excellent. Jean-Pascal Zadi (Potus) duquel je n'ai jamais été fan fonctionne plutôt bien ici. Je regrette juste de ne pas avoir plus de Laurent Lafitte (Jules César, personnage secondaire de l'intrigue). On s'amusera aussi à reconnaître des voix connues de la comédie : Jeanne Balibar, Jérôme Commandeur, Alexandre Astier, Pio Marmaï, David Marsais, Gérard Darmon, Chantal Lauby (manquerait plus que Dominique Farugia) et Jamel Debbouze.
Avec cette mini-série Chabat prouve de nouveau qu'il est une valeur sûre quant il s'agit d'adapter Astérix. Sa maîtrise et sa justesse de l'humour y sont pour beaucoup dans le succès de cette nouvelle potion magique. Il peut toucher grâce à cela autant les jeunes que les adultes. À titre personnel je regrette juste que le dernier épisode finisse d'une manière scolaire (l'animation étant sans doute un support où on ne peut pas se permettre trop d'absurde). Qu'attend-on pour lui confier un nouveau projet ?!