Dix ans déjà que Banshee et ses infréquentables personnages ont débarqué sur le petit écran pour le pulvériser de leur (més)aventures ultra-violentes. Aujourd'hui, qu'en reste-t-il ? Bonne cuvée qui vieillit bien, ou qui a tourné au vinaigre ? Première option, et Banshee s'affirme même comme l'ultime relique d'une époque hélas révolue.
Série adulte non par ses bastons hyper violentes, ses mises à mort sanglantes ou ses scènes de sexe plus qu'explicites (même s'il est clair que ça défouraille et baise sévère à Banshee) ; ce sont surtout ses personnages réellement sombres qui donnent à la série toute sa saveur. Et je dis bien sombres, pas seulement "gris" comme l'on dit aujourd'hui pour qualifier des personnages ambivalents. Non, je parle de gens vraiment méchants, tordus, agressifs, manipulateurs et égoïstes. À deux exceptions près, les figures de Banshee sont toutes plus indéfendables les unes que les autres, et c'est là tout l'intérêt de la série : ne jamais nuancer la situation, ne jamais atténuer les problèmes des persos (et ils en traînent un paquet !) au profit d'un discours dans l'air du temps, mais au contraire s'acharner à dépeindre sans fard un microcosme des plus infects pour remuer la crasse, explorer le mal-être sans prendre de pincettes, et ainsi laisser le spectateur décider par lui-même ce qu'il doit en penser.
Sans jamais tomber dans la complaisance, Banshee tenait en haleine tout en nous confrontant à la noirceur humaine grâce à son mélange aussi explosif qu'intelligent des codes du western et du film noir, et surtout au travers d'une certaine approche du divertissement réellement adulte qui se fait aujourd'hui de plus en plus rare, si ce n'est inexistante. Définitivement une autre époque... Et pourtant, c'était il y a seulement dix ans.