J’ai toujours eu du mal à savoir exactement quoi penser de Beastars. C’est une série que j’ai appréciée pour son originalité, son univers et ses personnages, mais dont il me reste surtout un sentiment d’inachevé.
La première saison est probablement la plus réussie. Derrière son apparence de fable animalière, Beastars propose une réflexion étonnamment mature sur l’identité, les instincts, le désir, les rapports de domination et la place de chacun dans la société. La relation entre Legoshi et Haru est à la fois étrange, touchante et captivante. La série parvient à créer une tension permanente entre les pulsions animales et les émotions humaines, ce qui donne une profondeur rare à son récit.
La deuxième saison conserve une partie de ces qualités mais commence à s'éloigner de ce qui faisait le charme initial de l'œuvre. L'enquête autour du meurtre de Tem apporte du suspense et permet de développer davantage Legoshi, mais la série devient progressivement plus centrée sur son intrigue que sur les relations entre les personnages. L'univers reste fascinant, mais l'équilibre entre réflexion sociale, drame psychologique et récit policier devient plus fragile.
La suite poursuit cette évolution. Beastars cherche à élargir son univers et à aborder des enjeux toujours plus vastes, mais cela se fait parfois au détriment des personnages qui avaient porté l'histoire depuis le début. Certains arcs paraissent moins aboutis et plusieurs relations importantes perdent de leur intensité. On sent une volonté d'explorer davantage le monde extérieur, mais cette ouverture ne produit pas toujours les résultats espérés.
C'est surtout la conclusion de l'anime qui laisse une impression étrange. Elle répond à certaines questions et clôt plusieurs intrigues, mais elle ne procure pas véritablement le sentiment d'une fin. Beaucoup d'éléments semblent manquer de développement ou de résolution, comme si l'histoire s'arrêtait avant d'avoir pleinement exploité tout son potentiel. Une fois le dernier épisode terminé, il reste davantage une sensation de vide que de véritable accomplissement.
Beastars est finalement une œuvre que je trouve plus intéressante que réellement satisfaisante. Son univers, ses thèmes et son ambition la rendent mémorable, mais sa conclusion laisse l'impression qu'il manque encore quelque chose. C'est peut-être pour cela qu'elle continue à faire réfléchir longtemps après le générique final : non pas parce qu'elle apporte toutes les réponses, mais justement parce qu'elle donne le sentiment de ne pas avoir totalement achevé ce qu'elle avait commencé.