Bookish est extrêmement agréable à regarder et nous offre un brillant nouveau détective télé, des énigmes habilement construites et un regard fascinant sur le Londres d’après-guerre. Bookish semble être un drame simple, quintessentialement anglais, avec des accents d’Agatha Christie (la strychnine et l’acide prussique sont au rendez-vous), mais il est trompeusement multiple et moderne. Le pouvoir particulier de Gatiss est de prendre quelque chose que l’on croyait établi (par exemple Sherlock et Dracula) et de lui donner de nouvelles ailes. Ici aussi.
Si Bookish reprend de nombreux codes du cosy crime, l’organisation domestique du détective éponyme apporte une dimension supplémentaire au récit. C’est un drame débordant de plaisir qui se trouve parler de meurtres multiples. Très divertissant, mystérieux. Comme les meilleurs c’est-à-dire mes préférés du genre c’est drôle et amusant, tout en étant humain et triste.
Cela aide aussi que la série soit superbe visuellement, compte tenu de ce qui a dû être un faible budget, et sa distribution avec des noms aussi prestigieux qu’Elliot Levey, Joely Richardson et Paul McGann ajoute un éclat supplémentaire. L’acteur Mark Gatiss est si finement conscient des limites du charme de son personnage. Et cela, en soi, est charmant.
Au final, Bookish est un excellent divertissement minutieusement travaillé, magnifiquement rythmé et résolument addictif. (Une deuxième saison a été commandée avant même le début de la première.) Il y a assez de piquant pour éviter la formule, mais assez d’amour du genre pour rester réconfortant. Une joie. Cela dit, il faut reconnaître que le plus gros problème de cette première saison, c’est que certains éléments et personnages finissent par sembler sous-exploités.