Saison 1 : 6/10
L'ancien flic Olivier Marchal transpose l'univers bien connu de ses films ("Gangsters", "36, quai des orfèvres", "MR 73") dans une série TV produite par Canal +.
Flics borderline et voyoucratie se côtoient donc à nouveau, partageant le même langage et les mêmes codes, d'autant qu'ici le groupe de policiers au centre du show, sans être de véritables ripoux, n'hésite jamais à franchir la ligne jaune, dès qu'il est question de sortir l'un d'entre eux des emmerdes dans lesquelles il n'arrêtent pas de se fourrer.
Avec "Braquo", Marchal propose une série qui évoque assez largement "The shield", à l'image du personnage de Morlighem, dont le physique trapu, le crâne glabre et les problèmes familiaux ne sont pas sans rappeler Vic McKay.
Même si l'interprétation reste inégale, le show repose beaucoup sur le charisme de ses comédiens (Jean-Hugues Anglade, Nicolas Duvauchelle, Karole Rocher, Alain Figlarz...), et plus encore sur les nombreuses punchlines vulgaires mâtinées d'argot que débitent sans arrêt l'ensemble des protagonistes.
En revanche, on pourra tiquer plus d'une fois sur les méandres d'un scénario souvent peu crédible, qui ne recule pas devant quelques énormités (il paraît que c'est bien pire encore dans les saisons suivantes) et fait la part belle aux amitiés viriles et aux clichés les plus éculés (le flic solitaire vit sur une péniche et entretient une liaison avec une pute au grand coeur).
D'ailleurs, à mon avis Marchal commet d'emblée une grosse erreur : au lieu de laisser le temps à ses héros de s'installer pour instaurer une gradation dans leurs exactions, il préfère frapper fort d'entrée et faire commettre un meurtre de sang froid à l'un d'entre eux dès le premier épisode. Dès lors, plus rien ne pourra vraiment nous surprendre de la part de ces policiers complètement barrés.
Malgré tout, j'ai pris un certain plaisir à regarder ces 8 épisodes inégaux, en sachant que j'ai toujours eu une certaine affection pour l'univers burné et outrancier d'Olivier Marchal, ceci pouvant expliquer cela. Pas du tout certain en revanche que je m'aventure au-delà de cette saison inaugurale.