Saison 1 : Une série britannique en huit épisodes, une enquête sur la mort d’un jeune garçon dans une petite ville de la campagne anglaise. Loin des séries policières américaines se déroulant la plupart du temps dans une mégapole, avec courses-poursuites et autres fusillades, « Broadchurch » nous emmène dans une petite ville a priori tranquille, qui semble comme repliée sur elle-même. Mais les habitants ont aussi leurs secrets, et les ramener à la surface n’est pas sans conséquences… Sur un ton sobre, avec une belle réalisation, cette série dramatique, sur un rythme qui peut sembler un peu trop calme sait pourtant se faire passionnante. L’ambiance et l’atmosphère de la série font plonger le ton de la série vers une morosité voulue et assumée (ciel gris, vent humide de la mer, colorimétrie de la série, etc…). Difficile de décrocher, les acteurs sont brillants, et surtout l’intrigue est menée de main de maître, jusqu’au chapitre final qu’il est bien difficile de deviner. Une très belle réussite. Une deuxième saison est en préparation, je suis curieux de voir ce que ça peut donner puisque cette première saison se suffit à elle-même. Note : 9
Saison 2 : La première saison de « Broadchurch », que j’ai personnellement très appréciée, ne justifiait pas l’arrivée d’une deuxième. Et pourtant elle est là. Difficile de faire aussi bien, tant la première semblait réfléchie dans les moindres détails pour se conformer de la meilleure manière possible au format de huit épisodes. Du coup, au lieu d’une seule intrigue, les scénaristes ont pris le parti de revenir sur les événements de la première saison et d’en plus faire revenir au premier plan l’affaire qui a valu à l’inspecteur Alec Hardy bien des désagréments quelques années auparavant. Et cela sent parfois un peu le rattrapage aux branches pour justifier cette deuxième saison, avec quelques « clins d’oeil » appuyés, comme si la production s’était senti obligée de faire revenir tous les personnages, quelle que soit leur répercussion sur l’intrigue, parfois nulle. Mais en même temps, cela reste cohérent avec une affaire qui aura secoué une petite ville.
Et donc le charme opère toujours, grâce à un duo d’acteurs toujours au top (David Tennant et Olivia Colman), à une photographie somptueuse, à une musique de Ólafur Arnalds qui participe grandement à cette ambiance si particulière, et un scénario qui bon gré mal gré parvient à captiver. Certes, tout n’est pas parfait (il semblerait que la représentation d’un procès en Angleterre soit pour le moins approximative), l’intrigue n’est pas aussi « concentrée » puisque disséminée sur deux affaires distinctes, mais j’avoue avoir été pris au piège de cette deuxième saison. Une troisième est d’ores et déjà commandée, et devrait être la dernière. Ce n’est pas plus mal, cette série ne mérite pas de s’étioler au fil des saisons… Note : 8