"Ça : Bienvenue à Derry" est le genre de série qui te fait comprendre qu'à Derry, même les ados ont probablement besoin d'un psychologue et d'un psychanalyste pour les cauchemars. Cette préquelle des films "Ça" nous ramène en 1962, bien avant les aventures du Club des Ratés, alors que des événements étranges commencent à gangrener la ville et que Pennywise, ce clown qui ferait fuir un cirque entier en moins de trente secondes, recommence doucement à tirer les ficelles depuis les profondeurs.
J'ai aimé l'ambiance sombre qui enveloppe la série dès les premiers épisodes, avec une esthétique très réussie qui retranscrit parfaitement cette impression que toute la ville cache quelque chose de profondément malsain sous ses façades tranquilles. Certaines scènes sont vraiment efficaces et rappellent pourquoi Pennywise reste l'un des monstres les plus marquants de Stephen King. En tout cas, l'esthétique des années 1960 est parfaitement maîtrisé...
Le casting fonctionne bien, la photographie est soignée et plusieurs séquences laissent une vraie impression de malaise, comme si chaque ballon rouge était sponsorisé par une usine à sueurs froides. En revanche, j'ai trouvé la série assez inégale. Les premiers épisodes m'ont paru franchement longs, avançant avec la vitesse d'une limace qui remplirait un formulaire administratif sous la pluie. (Il faut quand même admettre que les derniers épisodes sont quand même les meilleurs...)
Pennywise met aussi beaucoup de temps à prendre réellement sa place, ce qui atténue la tension alors que c'est justement lui que l'on attend. L'intrigue militaire m'a semblé confuse et apporte finalement assez peu au cœur du récit, tandis que certains effets visuels m'ont parfois sorti de l'histoire au moment où j'aurais préféré rester accroché à mon canapé avec la dignité d'une patate terrifiée. (Oui, c'est vrai, j'ai pas trop pigé pourquoi ils nous ont mis l'armée et parler des missiles de Cuba, c'est certainement un choix narratif, mais bon, ils n'ont jamais parlé de bases militaires dans les films, alors, bon pourquoi ???)
Malgré ces défauts, la série reste suffisamment solide pour donner envie de continuer, surtout lorsque les morceaux du puzzle commencent enfin à s'assembler. J'apprécie aussi que HBO Max ait déjà confirmé une deuxième saison, qui explorera le massacre du gang Bradley en 1935, en pleine Grande Dépression. Cette idée s'inscrit dans un plan pensé sur trois saisons, ce qui laisse espérer une exploration plus ambitieuse de l'histoire maudite de Derry et de son clown préféré des cauchemars municipaux.
Au final, "Ça : Bienvenue à Derry" reste pour moi une série regardable, avec autant de qualités que de défauts. Je la conseillerais surtout aux amateurs de l'univers de Stephen King, qui accepteront quelques longueurs en échange d'une plongée dans les origines d'une ville où même les égouts semblent avoir signé un contrat avec les ténèbres.
La troisième saison devrait se passer en 1908, car ils font déjà des projections dans cette saison en parlant de 1935 et 1908, on verra alors, si je modifie ma critique et ma note... On attend, on attend...