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le 5 juin 2026
SuivreInutile ?
Un remake du remake mais en série ne suscite en aucune seconde d’un quelconque besoin. Le film original de 1962 puis la version de Scorcese avec le duo Nick Nolte / De Niro avaient totalement rempli...
J'ai toujours eu un problème avec la version de Scorsese de 1991 : l'absence de doute sur le personnage de Cady: la version jouée par De Niro était une menace immédiatement identifiable. Je trouvais la version originale de 1962 bien plus inquiétante, précisément parce que le doute subsiste.
La bonne nouvelle, c'est qu'on retrouve un peu de cette ambiguïté dans la série: Javier Bardem est-il réellement responsable de tout ce qu'on lui reproche ? Et pendant un temps, ça fonctionne...
Série oblige, de nouveaux personnages sont ajoutés, chacun avec ses secrets et ses traumatismes. Sur le papier, certains ont du potentiel, mais le problème c'est que le scénario fini par leur attribuer à tous de grosses casseroles, jusqu'à transformer progressivement Cape Fear en galerie de perso névrosés: la fille boit, le garçon se drogue, les parents dissimulent un secret, et encore je ne parle pas de la famille Cady... A partir du 4ème épisode, c'est franchement grand-guignolesque et de plus en plus cliché: Finalement Max Cady se suffisait à lui même.
Pendant un temps, on conserve un doute sur sa véritable implication, ce qui permet de maintenir une certaine tension. Mais les 10 épisodes sont sans doute trop: 5 ou 6 auraient largement suffi.
Côté mise en scène, on retrouve la musique originale, qui colle très bien à l'ambiance, mais d'un point de vue visuel, c'est très faible : des zooms appuyés, des jump scare en pagaille et autres effets de mise en scène basiques. La scène ou Max Cady tourne en rond autour du téléphone pour illustrer son instabilité est particulièrement révélatrice. Tout est bien trop souligné, et il est difficile de croire que Spielberg (producteur ici) ait pu laisser faire ça, lui qui arrive faire ça avec bien plus de subtilité (voir The Post). Le summum étant la scène du drone dans l'épisode 6, et qui loin d'être inquiétante, fini par être clairement ridicule.
Mais là ou Cape Fear se moque de ses spectateurs, c'est dans l'utilisation d'une drogue qui rendrait servile, et provoquerait des "amnésies dissociatives", permettant de justifier certains comportement particulièrement incohérents.
Si j’ai bien aimé le caméo de Juliette Lewis, (qui incarnait la fille de Nick Nolte dans le film de 1991 et revient ici dans celui de la sœur de Max), son personnage aurait même pu être savoureux si la série n'avait pas décidé de faire de la tare familiale un principe général a toute la série.
Les deux derniers épisodes réinstallent enfin une certaine tension et donnent un peu plus de poids à l'ensemble. Mais ils arrivent trop tard. C'est dommage, parce qu'entre Amy Adams et Javier Bardem, il y avait moyen de faire quelque chose de correct, en étirant un peu moins le scénario, d’autant plus que les personnages ajoutés ne sont que peu développés.
Créée
le 2 août 2026
Critique lue 6 fois
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