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J’attendais beaucoup la série Carrie, parce que j’adore le film de 1976 et que j’avais également apprécié le remake de 2013. J’étais donc curieux de voir comment Prime Video allait réussir à étirer cette histoire pour en faire une série. Et malheureusement, c’est justement là que ça coince.
Tout est beaucoup trop étiré. La série ajoute énormément de choses, notamment des intrigues secondaires censées nous faire éprouver de la compassion pour certains personnages, notamment l’une des harceleuses. Personnellement, ça ne fonctionne absolument pas. On essaie tellement de nous expliquer pourquoi elle agit comme ça qu’on finit par perdre de vue l’essentiel, elle harcèle et fait du mal aux autres. Une connasse reste une connasse, elle peut crever la gueule ouverte.
J’aurais préféré que la série s’inspire davantage de 13 Reasons Why, qui avait au moins le mérite de traiter frontalement la question du harcèlement scolaire et de ses conséquences. Ici, je trouve que le sujet est finalement assez mal développé, noyé sous une tonne d’intrigues secondaires. Mais surtout, les scénaristes se sont permis de prendre énormément de libertés avec l’histoire originale. Carrie n’est désormais plus la seule à posséder des pouvoirs. Plusieurs personnages en ont également, et notamment cette fameuse « amie imaginaire » de Carrie, une femme blonde aux cheveux courts qui possède elle aussi des pouvoirs et qui semble réveiller le côté le plus sombre de Carrie, celui qui n’a plus d’empathie et qui utilise ses capacités pour s’en prendre aux autres. Et là, franchement, je trouve que ça chamboule complètement l’histoire originale. Dans Carrie, le fait que cette jeune fille découvre qu’elle possède des pouvoirs est justement ce qui rend son personnage particulier. Elle est différente, isolée et rejetée, et cette capacité participe à sa descente aux enfers. Ici, à partir du moment où plusieurs personnes possèdent des pouvoirs, Carrie n’est plus vraiment unique. On n’est plus simplement dans une adaptation modernisée de Carrie, mais dans une réécriture complète de son univers et de sa mythologie.
Je comprends qu’une série ait besoin d’apporter de nouvelles choses pour développer son histoire sur plusieurs épisodes, mais là, on touche directement à ce qui fait l’identité du personnage. À force de vouloir enrichir l’univers, les scénaristes finissent surtout par dénaturer l’histoire que l’on connaît. Et c’est encore plus dommage concernant la mère de Carrie. Dans le film de 1976, elle est absolument terrifiante, extrêmement religieuse, fanatique, violente et profondément dérangée. Dans cette série, tout est considérablement adouci. Oui, elle est croyante et reste particulière, mais elle ne semble finalement pas si folle que ça. Carrie lui tient également beaucoup plus facilement tête, ce qui réduit énormément la relation de domination qu’on pouvait ressentir dans le film original.
Autre problème à mes yeux, le choix de l’actrice principale. Elle est beaucoup trop mignonne et a une apparence beaucoup trop « normale » pour me convaincre totalement dans le rôle. Carrie est censée être une gamine tourmentée, mise à l’écart, mal dans sa peau et constamment humiliée par les autres élèves. Or, l’actrice pourrait très facilement passer pour une fille populaire du lycée. Il me manque ce côté fragile, étrange et profondément mal dans sa peau que Sissy Spacek avait parfaitement dans le film de 1976.
La modernisation de l’histoire passe également énormément par les réseaux sociaux, avec notamment un compte Instagram qui devient rapidement un élément central de l’intrigue. Pourquoi pas, après tout, transposer Carrie à notre époque est une bonne idée. Le problème, c’est que la série finit par tourner presque entièrement autour de ça. Et surtout, il y a des choses qui deviennent franchement absurdes. Un compte apparaît, tout le monde cherche à savoir qui se cache derrière, les personnages ont leurs petites théories… mais personne ne semble vraiment penser à prévenir les flics ou à lancer une véritable enquête. On préfère laisser les personnages mener leur petite enquête dans leur coin, alors que l’intrigue tourne autour d’un compte qui fait suffisamment parler de lui pour que tout le lycée cherche à savoir qui est derrière.
Et une fois que l’identité est découverte, là encore, on étire encore et encore l’intrigue.
Au final, j’ai surtout l’impression que cette version de Carrie souffre du syndrome de la série qui veut absolument justifier son format. On prend une histoire qui fonctionne très bien en deux heures, on ajoute des personnages, des intrigues parallèles, une nouvelle mythologie autour des pouvoirs, les réseaux sociaux et tout un tas d’histoires secondaires… et on finit par diluer ce qui faisait sa force.
Je n’attendais pas forcément une copie du film de 1976, mais j’espérais au moins retrouver cette ambiance malsaine et cette montée en puissance qui rendaient l’histoire aussi marquante. Ici, tout est tellement étiré et réécrit que Carrie finit presque par passer au second plan. À vouloir raconter autre chose avec les personnages de Carrie, la série finit surtout par perdre ce qui rendait Carrie si particulière.
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