Carrie revient au lycée… et cette fois, même le Wi-Fi risque de prendre feu.

Whaouuuu ! Alors ça c'est du lourd !!!! Malheureusement, il va falloir être patient pour découvrir toute la substilité de la série, hé oui, Mike Flanagan nous a pondu encore du lourd, mais du long à comprendre...Reprendre Carrie après Brian De Palma, c’est un peu comme essayer de repeindre la Joconde avec un rouleau de chantier : soit on se fait lapider par les fans, soit on trouve une idée géniale. Mike Flanagan a visiblement choisi la deuxième option. Et là, je dirais que ça ressemble à une série de super-héro mais ce n'est pas du tout du super-héro... Est-ce que vous voyez toute la différence, certainement que non...

Je retrouve ici Carrie White, adolescente isolée, élevée par une mère fanatiquement religieuse et découvrant avec une certaine difficulté le merveilleux monde du lycée : harcèlement, humiliations, premiers émois et réseaux sociaux. Bref, l’adolescence américaine dans toute sa délicatesse. Sauf que "Carrie" possède un petit détail qui peut légèrement compliquer ses relations avec ses camarades : elle est télékinésiste.

Ce qui me plaît immédiatement dans cette nouvelle adaptation, c’est que Mike Flanagan ne cherche pas à refaire mécaniquement le film de 1976. Il revient davantage au roman de Stephen King et profite du format sériel pour développer les personnages, les relations et surtout la psychologie de Carrie. Je connais pourtant parfaitement la destination finale, mais je me suis retrouvé à vouloir regarder le chemin emprunté pour y parvenir.

Summer H. Howell est, pour moi, une véritable révélation. Elle donne à Carrie une fragilité, une innocence et une maladresse qui rendent le personnage profondément attachant. Je ressens véritablement son isolement et cette impression d’être constamment à côté du monde. Plus Carrie découvre les autres, plus je comprends pourquoi sa colère finit par devenir aussi dangereuse.

Face à elle, Samantha Sloyan est absolument remarquable dans le rôle de Margaret White. Elle réussit à rendre son personnage terrifiant sans avoir besoin d’en faire une caricature. Chaque regard, chaque parole et chaque geste respirent la domination et le fanatisme. Chez Margaret, même une discussion autour du dîner donne l’impression que l’Inquisition espagnole vient de réserver une table pour huit.

J’ai également beaucoup aimé la modernisation du harcèlement. En 2026, l’humiliation ne s’arrête évidemment plus lorsque la sonnerie du lycée retentit. Les réseaux sociaux permettent aux brimades de se propager instantanément et de suivre Carrie jusque dans son intimité. Le téléphone devient une arme supplémentaire, et cette évolution donne à l’histoire une résonance particulièrement actuelle.

La mise en scène de Mike Flanagan me convient parfaitement. (Comme d'habitude, vu qu'il ne produit que des chefs d'oeuvre, en règle générale !) Il privilégie l’atmosphère, la psychologie et la montée progressive de la tension plutôt qu’une succession de jump scares. Je retrouve cette capacité à installer un malaise presque imperceptible avant de laisser l'horreur exploser. La photographie, les décors et la direction artistique participent à cette sensation de malaise permanent.

Le choix d’étendre l’histoire sur huit épisodes permet surtout de prendre le temps. Les personnages secondaires sont davantage développés, les relations deviennent plus complexes et l’univers de Carrie gagne en profondeur. J’apprécie cette liberté parce qu’elle évite l’impression de regarder simplement une nouvelle version du même film. Et c'est là, que le génie apparait...

Bien sûr, tout n’est pas parfait. Certains développements ajoutés par Flanagan peuvent donner l’impression que la série cherche parfois à construire une mythologie plus vaste que nécessaire. Là où le roman de Stephen King pouvait être terriblement simple et tragique, la série aime davantage ouvrir des portes et ajouter des ramifications. Mais, curieusement, je lui pardonne assez facilement ces détours parce qu’ils enrichissent davantage Carrie qu’ils ne la trahissent.

Et puis il y a le bal. La révélation, en quelque sorte... Impossible d’échapper à cette séquence mythique. La comparaison avec De Palma est forcément inévitable, mais je trouve que Flanagan réussit à lui donner une dimension différente. Le spectacle est impressionnant, mais ce qui m'intéresse surtout reste l'émotion qui précède l’explosion de violence. La tragédie fonctionne parce que je me suis attaché à Carrie avant de la voir perdre complètement le contrôle.

C’est d’ailleurs là que la série me semble particulièrement réussie : elle ne transforme jamais Carrie en simple monstre. Je continue à voir la jeune fille derrière la puissance destructrice. Je comprends sa souffrance, son besoin d’être aimée, son envie d’appartenir enfin à quelque chose et la façon dont son entourage participe progressivement à sa destruction.

J’apprécie également les touches d’humour noir qui permettent parfois de respirer entre deux moments beaucoup plus sombres. Flanagan sait que l’horreur fonctionne encore mieux lorsqu’elle n’est pas constamment recouverte d’une musique annonçant au spectateur : « Attention, maintenant il faut avoir peur ! » Ici, le malaise s’installe naturellement.

Personnellement, cette Carrie m’a donc beaucoup plus convaincu que je ne l’imaginais. Je connaissais déjà l’histoire, mais j’ai retrouvé une véritable envie de découvrir chaque épisode. La série possède une identité propre, modernise intelligemment certains thèmes et bénéficie surtout d’un excellent duo Summer H. Howell / Samantha Sloyan.

Je ressors de cette saison avec le sentiment d’avoir vu une adaptation qui respecte l’esprit de Stephen King tout en osant prendre ses propres chemins. Elle ne remplacera jamais le film de Brian De Palma dans mon esprit — et ce n’est d’ailleurs pas nécessaire. Elle réussit quelque chose de plus intéressant : exister à côté de lui.

Au final, je me suis vraiment régalé avec cette nouvelle "Carrie". J’ai aimé son atmosphère, son interprétation, sa dimension psychologique, son approche du harcèlement moderne et cette montée progressive vers l’inévitable catastrophe. Pour moi, Mike Flanagan a réussi à transformer une histoire que je pensais connaître par cœur en une expérience suffisamment différente pour me surprendre encore.

Je recommande donc très largement cette Carrie 2026 aux amateurs de Stephen King, d’horreur psychologique et de séries capables de prendre leur temps pour construire leurs personnages. Quant aux lycéens qui envisagent d’humilier leur camarade un peu bizarre… je leur conseille vivement de vérifier d’abord qu’elle n’a pas hérité des pouvoirs de Carrie. On ne sait jamais. Et d'ailleurs, pour conclure, je dirais que si vous voyez du Mike Flanagan en réalisateur, n'hésitez pas à prendre le temps de vraiment découvrir les épisodes pour mieux comprendre le final, vous ne serez jamais vraiment déçu...

El_Tigro_Blanco
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les meilleures séries à voir entre amis, Les meilleures séries dramatiques, Mes séries, Mes séries - Saison 1 et Les meilleures séries achevées

Créée

il y a 3 jours

Critique lue 75 fois

Carrie

Carrie

8

WildGoat2

il y a 3 jours

Suivre

Réinvention brillante

S'attaquer à Carrie, l'icône gothique de Stephen King déjà immortalisée au cinéma par Brian De Palma, était un pari risqué. Disponible depuis le 7 octobre 2026, la mini-série menée par Mike Flanagan...

Carrie

Carrie

8

HOBBIT77

il y a 4 jours

Suivre

Adaptation dans les règles de l'art !

Après Sissi Spacek dans l'adaptation culte de 1976, Chloe Moretz dans celle, maladroite, de 2013, place à la jeune et charmante Summer Howell dans le rôle de Carrie. Alors, tout d'abord, il ne s'agit...

Carrie

Carrie

9

El_Tigro_Blanco

il y a 3 jours

Suivre

Carrie revient au lycée… et cette fois, même le Wi-Fi risque de prendre feu.

Whaouuuu ! Alors ça c'est du lourd !!!! Malheureusement, il va falloir être patient pour découvrir toute la substilité de la série, hé oui, Mike Flanagan nous a pondu encore du lourd, mais du long à...

De si remarquables créatures

De si remarquables créatures

8

El_Tigro_Blanco

le 9 mai 2026

Suivre

Quand un poulpe devient ton meilleur psy, c’est que la vie te prépare une belle surprise.

"De si remarquables créatures" est un film qui réussit l’exploit de me faire écouter les réflexions philosophiques d’un poulpe sans jamais me donner envie d’appeler un océanographe pour vérifier si...

On l’appelait Robin des Bois

On l’appelait Robin des Bois

9

El_Tigro_Blanco

le 22 juin 2026

Suivre

Cette fois, Robin ne vole plus les riches… il tente surtout de récupérer un peu de paix intérieure.

Bon, "On l’appelait Robin des Bois" est un film qui prend la légende, lui retire son collant vert flamboyant, son sourire de héros invincible et son manuel intitulé « Comment redistribuer les...

Kraken

Kraken

7

El_Tigro_Blanco

le 12 mai 2026

Suivre

Quand le poux du kraken est déjà plus gros que ton labrador, commences à courir...

Whaza !!!! "Kraken" est un film qui m’a définitivement convaincu que la prochaine fois qu’on me proposera une balade en bateau dans un fjord, je vérifierai d’abord qu’aucun poulpe de la taille d’un...