Un nouveau super heros. Cash Hero part d’une idée qui, sur le papier, n’était pas forcément inintéressante : l’argent comme moteur, comme piège, comme illusion de réussite rapide. Il y avait matière à satire sociale ou à thriller nerveux. Malheureusement, très vite, la série s’enlise. Entre une réalisation plate et un scénario paresseux, l’ensemble manque cruellement de souffle.
La mise en scène est souvent mécanique, sans véritable point de vue, et les dialogues semblent écrits pour remplir des silences plutôt que pour construire des personnages. On avance d’épisode en épisode sans tension réelle, sans surprise, sans cette intelligence narrative qui faisait autrefois la force des séries coréennes. Hormis quelques effets spéciaux plutôt réussis, rien ne vient vraiment relever le niveau. On se demande ce que la charmante Kim Hyang-gi vue dans "Poong, le psychiatre Joseon" vient faire dans ce naufrage.
Les acteurs font ce qu’ils peuvent, mais ils sont enfermés dans des rôles sans épaisseur. Les personnages secondaires, habituellement si précieux dans les K-dramas, sont ici réduits à des fonctions, sans passé, sans nuance, sans âme. Difficile, dans ces conditions, de s’attacher ou même de s’intéresser à leur sort.
Je repense souvent à une phrase que m’avait dite mon chef de service lorsque j’étais jeune journaliste au ministère des Affaires étrangères : « Ne m’apportez pas d’articles négatifs, concentrons-nous sur les belles choses. » J’essaie en général de suivre ce principe et d’éviter de m’acharner sur les mauvaises séries.
Mais Cash Hero me semble être un symptôme. Là où les séries coréennes ont bâti leur succès sur des scénarios habiles, des retournements intelligents et une vraie attention portée aux personnages, on voit apparaître de plus en plus de mini-séries calibrées pour Netflix et l’international : formatées, lisses, sans dialogues mémorables, sans identité forte.
Au final, Cash Hero n’est pas seulement décevante : elle est triste. Triste parce qu’elle donne l’impression d’un produit vide, là où l’on attendait encore du sens, de la créativité et un peu d’âme.