Castlevania, cette série d'animation Netflix adaptée des jeux vidéos dont elle tire le nom, m'est apparue fort sympathique. Je traiterai ici des trois premières saisons. Si vous ne l'avez pas vu et que vous aimez les séries d'animation, je vous la conseille (attention, les classifications sont justifiées, donc si vous êtes jeune ou sensible, abstenez-vous).
La suite de cette critique contient des spoiler.
La série, se plaçant dans la continuité des animé japonais en terme d'inspiration, frappe d'abord par son visuel. Le dessin est rugueux, les traits abruptes. Cela donne une ambiance de dark fantasy à l'oeuvre, qui est très intéressante et colle parfaitement au sujet. L'animation, quant à elle, a quelque moments de faiblesse, mais aussi de très belles séquences de bravoure, notamment le dernier épisode de la saison 3 qui m'a assez bluffé. Certains combats, particulièrement, sont très bien animés.
Je diviserais l'anime en deux parties bien distinctes.
La première, constituée des deux premières saisons, représente un drame à l'état pur. Alors attention, on est pas au niveau d'une pièce de Racine, mais cela reste très intéressant pour un anime et le mélange d'intrigues politiques entre vampire, d'église inquisitrice tyrannique, de pauvreté médiévale, de personnages ambigus et de combats épiques rend le tout très agréable à suivre. Le personnage de Dracula marque par son charisme naturel et plane au dessus de la série, comme une ombre laissant une ambiance tourmentée et tragique.
La deuxième partie que constitue la troisième saison est quand à elle bien plus tournée sur la représentation du vice, du péché. On y suit alors en parallèle les errances de plusieurs personnages de la saison une. Les trois personnages jusqu'alors principaux nous apparaissent alors comme des îlots de vertu plongés dans un monde de vice, qui va peu à peu les rattraper. Si la saison m'a intéressé, j'éprouvais moins d'engouement à ce passage sans Dracula, qui disparaît quasiment complètement suite à sa mort. On ne sent même pas son ombre plané sur les vivants, ce qui ne m'aurait pas déplu. Cependant, je dois avoué que les deux derniers épisodes, surtout le dernier, m'a fait revoir à la hausse mon appréciation. On sent vraiment le vice qui entraîne petit à petit l'âme des personnage, le sexe et la violence qui jaillissent de manière crue à l'écran, n'épargnant en rien le spectateur. Un spectacle très réjouissant, je dois le dire. Malgré tout, on reste quand même sur notre faim quand à l'horreur mythologique et mystique que devrait représenté l'enfer et toute son imagerie. Quand on sait ce qu'a pu faire Berserk dans le domaine, Castlevania souffre malheureusement de la comparaison.
En bref, une série fort sympathique, qui prend des risques et instaure une vraie ambiance, même si un peu plus de subtilité ou de virtuosité auraient été par moment bien venus.
Mise à jour du 29/06/2021 :
Suite à mon visionnage de la quatrième (et dernière?) saison, je me permets un petit ajout à ma précédente critique.
La quatrième saison se tient dans la droite lignée de la troisième, centrée sur les mêmes personnages pour arriver sur la conclusion de leurs arcs narratifs. Nous nous éloignons cependant de la noirceur totale que pouvait présenter la précédente saison pour revenir sur un récit plus épique et un peu plus classique.
Les personnages sont pour la plupart toujours aussi intéressant, suffisamment soignés au cours de la série pour avoir chacun leur subtilité et une contenance suffisante pour que l'on s'y attache. De plus, plusieurs moments de la saison nous accrochent vraiment, en particulier par l'animation époustouflante une fois les brides lâchées.
Malgré tout, on ne peut s'empêcher d'être frustré face à cette saison qui doit se hâter de conclure, à défaut de pouvoir poursuivre plus loin. On ne peut éviter certains clichés, certains passages obligés. Il manque pour moi à cette dernière saison un souffle plus puissant, à la manière d'un Berserk, dont la comparaison est évidente, mais cruelle pour Castevania.
Je garde tout de même une bonne image de cette série d'animation, qui ose se risquer sur des thématiques et des traitements très adultes, avec plus ou moins de succès.