Chefs est une série où la cuisine est une unité de lieu qui met en valeur des personnages duels,mystérieux et aux présents et passés tourmentés. Chacun d'entre eux a un destin contrarié, un ou plusieurs cailloux dans les chaussures.Autour d'un chef à l'égo virevoltant ( un Cornillac dans son élément)qui veille sur sa cuisine comme un loup sur sa meute, une brigade qui survit et s'observe et des personnages (le repreneur, l'intermédiaire avec ses chiens) dont on a du mal à cerner les liens dès les deux premiers épisodes. Pour l'instant, un imbroglio de sentiments, d'intuitions dans une tension volontairement exacerbée. Curieux de voir les prochains épisodes pour voir si l'action évolue, se débloque et si le puzzle s'assemble de façon cohérente.
Saison 2
On avait laissé les personnages sur une fin de saison 1 digne d'une tragédie grecque. Le Chef et son fils se croisent, se jaugent et s'affrontent depuis que Romain a repris la relève à la place de son père contraint. Son père ronge son frein et la fin de l'épisode 2 fait ressortir son ressentiment lors d'une épreuve de cuisine. La suite promet d'être corsée. Et elle l'est. Entre les passes de pouvoir au Paris, les chefs père et fils qui révèlent des défis culinaires,( dans des lieux aussi variés qu'un bistrot de quartier, la demeure d'un riche particulier ou une prison), les histoires de coeur et la raison des affaires, Chefs multiplie les points de vue. Par rapport à la première saison, les showrunners ont réussi à rendre leur série moins pesante avec des moments de relâche et c'est leur principal succès. Les multiples rebondissements avec quelques relations amour/haine entre le chef et son fils, le chef et sa compagne ne cessent d'alimenter l'intrigue. L'équilibre est un perpétuel état à reconquérir au fil des obstacles nombreux dans les vies tortueuses des personnages. La morale reste sauve dans l'ultime épisode où l'être le plus néfaste est enfin puni par le châtiment qu'il avait osé demandé.