C'est dans le cadre de « Deauville Saison 2 » que quelques chanceux pouvaient découvrir The Chicago Code, la toute récente série orchestrée par Shawn Ryan. Bien que toujours dans le genre policier, cette petite dernière ne fera que rester dans l'ombre de son ainée The Shield (récompensée par le Golden Globe Award de la série dramatique en 2003). The Chicago Code sera annulée l'année même de sa première diffusion. Aussitôt commencée, aussitôt arrêtée.
Mais laissons là les aléas de l'audience pour faire face à l'aperçu qu'offraient les deux premiers épisodes de The Chicago Code. Sur la forme et dans les codes, rien de nouveau à l'horizon. Fidèle à son genre, The Chicago Code rempli pleinement le cahier des charges attendu pour l'occasion : des courses poursuites, de la corruption, un duo dépareillé, des flingues et des voyous. Les inconditionnels des séries policières sauront y trouver leur plaisir, d'autant que les épisodes sont rythmés à merveille, portés par une musique quasi omniprésente. Le petit plus reste un humour mordant, qui allège un peu une action incessante, presque à bout de souffle. Cela dit, on accroche très vite, et le suspens est au rendez vous.
Le vrai atout demeure dans la patte de Shawn Ryan qui une fois de plus nous propose des personnages principaux épais, immédiatement attachants malgré (ou peut-être grâce à) leurs petits travers. Certes un peu caricaturés (notamment pour Jennifer Beals, en super-surintendante-super-anti-corruption), les protagonistes s'affirment très vite, imposant dès le premier épisode une équipe de choc : celle de Teresa Colvin (Jennifer Beals) et de Jarek Wysocki (Jason Clarke). Les comédiens sont tout simplement bons. Si tous les personnages secondaires ne profitent pas du même traitement, le panel semble prometteur, notamment du côté de la taupe, personnage trop souvent négligé. Les héros sont certes fonceurs, mais ne tire pas à tout va. On apprécie.
Autre personnage principal : Chicago. Une ville crasseuse et corrompue à tous niveaux, aux décors inattendus, parfait terrain de jeu pour un scénariste tel que Shawn Ryan. On retrouve une limite floue entre le bien et le mal, gage d'un scénario plus complexe qu'il n'y parait aux premiers abords. En vérité les bons ingrédients sont réunis (jusque dans une mise en scène loin d'être insipide), et semblent promettre une série tous publics, certes peu originale, mais bon dans son domaine. On pourrait regretter que l'occasion ne lui aura pas été donné de s'éprouver un peu, pour trouver sa particularité et son succès. Tant pis, The Chicago Code ne laissera dans le sillage télévisuel que 10 épisodes à savourer en VO, bien entendu.