On est jamais servi que par soi même. J’étais parti avec des à priori sur ce mini drama. Vendu comme une Rom com avec des personnages lisses, c'est plutôt un drame psychologique contemplatif qui prend des risques que j'ai trouvé. Et j'ai aimé parce qu'il m'a parlé et tendrement touché. J'avoue avoir été pris à mon propre jeu. C'est profond et intense, à condition de faire l'effort de comprendre ce que le réalisateur veut nous faire ressentir et éprouver. Ce mélo est disponible en VF mais par habitude je suis resté en VOST.
Dans Melo Movie, nous allons nous immiscer dans la vie de différents personnages qui portent leur propre fardeau, leur propre blessures et traumatismes émotionnels. Même si l'histoire principale va s'articuler autour de Mo-vee interprétée par la sublime Park Bo-Young et de Go Gyum(Choi Woo Sik), d'autres personnages tout aussi importants vont venir compléter le drama, à commencer par le frère de Gyum, à savoir Jun(Kim Jae Wookexceptionnel comédien), mais aussi du couple formé par Hong Si Jun(Lee Jun Young) et Son Ju-A(Jeon So-Nee). Tous ces acteurs formidables vont nous emporter avec eux, toute en justesse et précision, pour nous dévoiler pourquoi et comment ils en sont arrivés dans cette situation, à un moment T de leur vie.
Melo Movie c'est avant tout une mini série mélancolique, sentimentale certes, mais axée sur un développement psychologique et une interconnexion dans les rapports humains. On va voir des facettes de l’amour qu'on a pas trop l'habitude de voir dans les drama coréens. Des relations fusionnelles entre frères qui finalement ne se connaissent pas, des ex qui se déchirent autour d'une passion éteinte, et un couple naissant, ou plutôt renaissant qui se cherche encore. Et tous ce que les non dits et les absences de communication peuvent entraîner comme conséquences vont se payer cash dans leur vie.
D'un coté nous avons Gyum, orphelin de parents, élevé par un frère dévoué et biberonné au cinéma, un véritable cinéphage, et qui finira critique ciné ; et de l'autre Mo-vee, qui en a voulu toute sa vie à son père non seulement de lui avoir laissé ce prénom ridicule, mais surtout de l'avoir délaissée au profit de son amour démesuré du cinéma. Double combo avec une mère distante et froide, caractère qu'elle va hériter et cultiver, proche du vide sentimental. Dans l'amour/haine qu'elle vouera à son père décédé plus tard, elle finira réalisatrice de films, ce qui peut sembler paradoxal, mais au contraire, peut s'apparenter à une forme de sadisme.
Certes le début peut paraitre poussif et étrange, notamment la relation naissante et assez surréaliste entre Gyum et Mo-vee, mais où certains y ont vu de l'incohérence, moi j'y ai vu le contraire. Suite à l'évènement tragique qui va impacter les deux frères, 5 ans vont s'écouler sans aucune communication entre nos 2 amoureux. Oui la question "existentielle" que beaucoup se sont posés, c'est pourquoi "ce con" ne lui a rien dit? Il a hésité longtemps à l'appeler, puis elle l'a "ghosté", le temps faisant le reste. On comprend plus tard pourquoi il a agit comme çà. Ce "reboot" de vie sentimentale va ébranler leur certitudes sur leur vie quand ils vont se retrouver, et sur les rapports à tenir l'un avec l'autre. On se demande si leur relation va pencher vers le romance ou vers la haine.
La balance avec l'autre couple est aussi très bien faite et à autant d'importance dans le récit. J'ai apprécié le contre pied de la relation auto destructrice et perverse entre Si Jun et Ju-A, lui plus torturé qu'elle, vivant dans un passé qu'il refuse de voir mourir, et qui nous balade jusqu'à la fin, pour savoir comment cela va se conclure, pour le pire ou pour le meilleur.Ce que j'ai aimé dans Melo Movie c'est avant tout c'est tous cette galerie de portraits qui retrace toute en justesse la personnalité d'êtres complexes, marqués chacun à leur manière par les épreuves de la vie. Car le récit psychologique qui nous est proposé est non seulement bien écrit, bien réalisé (l'épisode 7 relatif aux relations entre les 2 frères étant le plus beau et le plus émouvant pour moi) mais surtout très bien joué par ce casting exceptionnel. Il y a une montée en intensité au fil des épisodes assez troublante.
Le rythme est lent, pour exposer le mode contemplatif. Les flashback apportent un plus dans la compréhension psychologique de nos héros. J'ai ressenti ici ce que j'avais trouvé dans le drama 'Mr Plankton", le brin de folie en moins. La bande musicale est de qualité, toujours au bon moment. Mais Melo Movie c'est aussi et surtout l'évocation du thème de la seconde chance : en amour, en amitié, dans le travail, peut-on se refaire une virginité en repartir de zéro, en faisant table rase après s'être réconcilié avec son passé, aussi douloureux soit-il ?
Je me suis fais un mauvais film sur ce drama et je ne regrette pas de m'y être plongé. Moi même je me suis surpris à l'avoir aimé, peut être par ce que je me suis senti concerné par les propos tenus et par la réaction de plusieurs personnages. Alors certes il n'est pas dénué de défauts, (merci à l'épilogue de l'épisode 6 qui spoil l'épisode suivant, des transitions plus ou bien moins réussies, des abus de fonds verts par moments) mais ils sont rapidement oubliés, notamment grâce à une bande musicale très belle. On ne tombe jamais dans le pathos facile ici, on est porté par les émotions que les comédiens nous amènent sur un plateau avec ce relent de sincérité. C'est tout ce que j'ai demandé, alors merci. Et la dernière scène, avec une devanture de "Cinema Paradiso", un des mes films préférés, résume à elle seule le message transmis. La vie n'est pas un film, elle le devient avec les ingrédients que l'on décide de mettre dedans.
Main Theme : Tomorrow X Together - Surfing in the Moonlight
Additionnel perso : Tomorrow X Together - Love Story