Marshall est un génie des sciences un peu naïf et baroudeur. Il ne se sépare jamais de sa tortue domestique. Frances est employée dans une société pharmaceutique ultra-capitaliste et a perdu le contrôle de sa vie. Les deux étaient au lycée ensemble et se retrouvent par hasard. Marshall explique alors qu'il a trouvé un champignon miraculeux, le remède à toutes les maladies...
J’adore l’animation mais s’il y a bien un pays dont je n’apprécie généralement pas du tout la production, c’est bien les États-Unis. Je trouve dans leur style un aspect profondément répulsif. Ils semblent prendre un malin plaisir à montrer un graphisme intentionnellement laid, des personnages vils et stupides, un monde corrompu et sale, un humour bas de plafond. J’en ai essayé un grand nombre parmi les plus réputés : Southpark, les Simpson, Bojack horseman, Bob l’éponge… Je n’aime vraiment pas et les blagues ne me font pas rire.
Récemment , je me suis tout de même lancée dans le visionnage de plusieurs séries animées américaines ayant bonne réputation et Common side effects est l’une d’entre elles.
Le graphisme des personnages est original et sympathique. J’aime bien aussi la représentation des animaux. L’animation par contre est saccadée, comme s’il n’y avait pas assez d’images par seconde.
Les doublages ne sont pas mal.
Le ton est résolument adulte avec des thèmes sérieux et politiques, par moments des scènes de violence et une courte scène de sexe, ce qui est assez rare dans les animés non pornographiques. La série fait même une courte incursion dans l’horreur. Elle joue un peu la carte de la comédie mais avec un humour grinçant, que je ne trouve pas drôle.
Côté scénario, ça commence classique avec une découverte révolutionnaire dont tout le monde veut s’emparer mais ça devient nettement plus intéressant par la suite avec une critique virulente du capitalisme sans morale ni scrupules, qui tire les ficelles au plus haut niveau de l’état. Les grandes sociétés sont représentées comme des mafias, utilisant les services d’état comme une milice privée. Le scénario se met à tirer à boulets rouges sur le gouvernement américain, qui contourne les lois et emprisonne arbitrairement les gens. Très rapidement, le thème principal de la série cesse d’être la découverte du remède universel et devient une critique acide du système d’assurance santé américain, ou plutôt son absence. La série met en scène plusieurs personnages qui ne peuvent payer pour les soins de leurs proches et sont condamnés à les regarder mourir ou à se livrer aux pires compromissions pour de l’argent.
J’ai déploré la présence d’une romance mal amenée et passablement inutile. Tristement, cet élément semble rester un passage obligé de toute fiction.
Au niveau des personnages, j’ai bien aimé le héros Marshal. Bizarrement, ça devient rare dans la fiction américaine d’avoir un personnage principal qui soit intelligent et vraiment bien intentionné, et qui ne soit pas un guerrier. Marshal est un geek et un écolo. Il constitue une représentation pas trop mal des scientifiques, présentés ici comme des passionnés qui vivent entourés de terrariums. Le scénario le malmène avec une cruauté assez gratuite par moments. Le second personnage, Frances, est moins développé. Mal à l’aise, passive, paumée, elle enchaine les mauvaises décisions. J’ai beaucoup apprécié le duo comique des enquêteurs, avec Copano le fan de musique et Harrington un peu lunaire. Le reste des personnages est un festival de laideur morale entre le petit ami neuneu, le milliardaire véreux prêt à tout détruire et à tuer tout le monde pour un dollar, le manager soumis, le frère camé, la copine égocentrique, les rednecks qui tirent sur n’importe quoi…
Au final, je ne sais pas si je regarderai la prochaine saison. J’ai trouvé cette série très américaine dans son ton et sa façon d’écrire ses personnages. Le scénario est intéressant de par sa critique du gouvernement américain et certains rares personnages sont attachants mais ça reste globalement laid, pas drôle et difficile à regarder pour moi.
POUR TROIS SPOILERS ACHETÉS, UN GRATUIT
Le sort du personnage du milliardaire véreux, qui provoque sa propre chute en cherchant à détruire le champignon, alors qu’il en a besoin pour soigner son cancer, témoigne de l’opinion de la série envers le capitalisme. Il est, je pense, le seul personnage de la série à voler le remède au lieu de le recevoir et le fait qu’il ne soit pas guéri semble indiquer une sorte de conscience du champignon.
J’ai trouvé vraiment dommage de séparer Harington et Copanon, qui fonctionnent très bien en duo. Par ailleurs, il m’a semble bien artificiel qu’ils se retrouvent dans deux camps différents.
Dans la série, différentes factions se mettent en place suite à la découverte du champignon qui guérit tout. Il y a d’abord Marshal, qui veut le cultiver à grande échelle pour en faire don à l’humanité. Il y a ensuite le manager de Frances et la vieille mycologue qui veulent faire fortune avec. Il y a enfin le milliardaire véreux qui veut le détruire pour continuer à vendre des médicaments hors de prix. La série pose la question de ce qu’il adviendrait du monde si un tel médicament universel était découvert et mis à disposition commercialement, ce qui est une question très intéressante. On peut imaginer que les professions médicales disparaitrait rapidement ainsi que toutes les industries pharmaceutiques qui prospèrent sur la mauvaise santé des gens. Ceux qui pourraient payer le champignon pourraient en finir avec leurs maladies chroniques. En étant plus décimée par les virus et le cancer, la population augmenterait forcément, avec de multiples conséquences sur la société et la planète. Les gens pourraient fumer, se droguer et boire de l’alcool librement et ces industries prospéreraient. Un marché noir de champignon émergerait probablement, que tout le monde voudrait contrôler.
J’ai regretté que la série ne s’attarde pas plus sur les visions provoquées par le champignon, qui semblent avoir un sens. Je pense que la seconde saison le fera d’avantage, d’autant plus que certains personnages commencaient à avoir ces visions à l’état d’éveil. Il m’a semblé que les petits êtres blancs étaient amicaux et cherchaient à aider les personnages. La suite nous dire si c’est le cas.