Les japonais qui se mettent au space-opera sur fond de jazz & blues, cela aurait aurait pu vraiment prêter à rire... Et pourtant, après avoir découvert Cowboy Bebop, j'ai bien compris qu'ils étaient sans doute les seuls capables de créer un jazzy space-opera en dessin-animé qui ne soient pas destiné aux seuls nostalgiques des séries du type Albator. Car Cowboy Bebop, de par ses thèmes musicaux et scénaristiques, peut toucher n'importe quelle tranche d'âge. Tantôt adulte, tantôt bon-enfant, nous nous plongeons sans aucune retenue dans l'univers fascinant des chasseurs de primes de l'espace.
L'histoire tourne autour de 3 cowboys de l'espace (Jet Black, ancien agent, Spike Spiegel, ancien membre des Dragons Rouges, et Faye Valentine, voleuse), chacun disposant de son propre chasseur spatial, et se réunissant du fait d'intérêts communs à bord du Bebop, une sorte de vaisseau-mère transporteur de taille moyenne. Ils seront rapidement accompagnés à bord du Bebop par Einstein, un chien sympathique qui porte bien son nom (mais bien que très intelligent, il ne parle pas...) ainsi que par Edward, un hacker androgyne surdoué et déjanté, dont on ne saura qu'à la fin s'il s'agit d'un garçon ou d'une fille.
Le monde proposé par les créateurs de la série est particulièrement bien développé, et l'univers créé se tient bien. Monnaie, technologie, Histoire, scénario, psychologie des personnages, système de primes... Bien entendu, tout cet environnement est sublimé par des graphismes superbes et des musiques excellentes qui semblent respirer en parfaite symbiose avec les personnages et l'action qui se déroule à l'écran. L'ambiance jazzy, futuriste et solennelle est très convaincante et nous plonge aisément dans cet univers fascinant. Les personnages sont bien développés, et à chaque épisode son ambiance particulière, ce qui en ressort qu'au final, aucun épisode ne ressemble à un autre. Une petite histoire par épisode (une vingtaine de minutes), et un thème musical spécifique qui l'accompagnera tantôt en sourdine, tantôt en explosant dans nos oreilles pour nous subjuguer en parfaite adéquation avec les images.
Chaque épisode de cette série est teinté de mélancolie, d'humour, et d'un irrépressible sentiment de profonde liberté. Les situations, les musiques et les personnages nous poussent à réfléchir et, personnellement, je ressens toujours une certaine nostalgie à la fameuse phrase clôturant -presque- chaque épisode : "See you, Space Cowboy...". Mais parfois, on se prend à ressentir plutôt un certain "Farewell, Space Friends...". Souvent triste, Cowboy Bebop dispose d'une qualité rare pour une série animée, celle de nous donner l'impression de regarder un film attachant, et non une succession rapide et animée de dessins. Bien que l'histoire se déroule après 2071 (je vous passe le "que s'est-il passé chez les Hommes pour en arriver là ?"), tous les thèmes évoqués au cours des épisodes restent d'actualité, ou presque.
Ce qui est certain, c'est que Cowboy Bebop a su parfaitement exploiter le sentiment de mélancolie que nous ressentons tous au fond de nous-mêmes, et les personnages, les musiques, les thèmes scénaristiques, ainsi que le contexte des sociétés des Hommes (à chaque planète sa façon de vivre et sa mentalité) ne peuvent pas nous laisser indifférents, bien au contraire. Si vous aimez un tant soit peu l'espace, vous évader, rêver, réfléchir, et n'êtes pas allergiques aux dessins-animés, Cowboy Bebop est incontestablement pour vous.
See You, Space Cowboy...
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