Pour une raison que j'ignore, j'aime la ville de Barcelone. J'adore marauder en scooter dans ses ruelles et ses avenues, que ce soit au plus près des plages ou dans les hauteurs.

Alors quand une série met la ville à l'affiche, je vais voir, simple curiosité. Que ça s'annonce bien ou pas n'est pas la priorité.

Là, j'avoue que j'ai été pris dans l'engrenage de l'histoire, tout comme les protagonistes de la série qui se retrouvent rattrapés par leurs fantômes et happés par la machine.


J'ai enquillé les 8 épisodes d'une traite. Cette série est prenante et plaisante à regarder, mais pour un critique un peu plus rigoriste que moi, y'en a à redire, je l'admets sans problème.


Alors voyons.


L'intrigue de base tourne autour du port de Barcelone, avec ses personnages tendance gris terne. Pas 50 nuances de gris, non. Une seule, terne. Chacun ayant en plus sa zone d'ombre pas franchement proprette.


On y trouve le caïd, Joaquín Manchado, arrivé tout minot de sa province et qui a grimpé les échelons à coup de saloperies et à la force du poignet, qu'il a d'ailleurs perdu ( le poignet pas la force), d'où le jeu de mot avec le titre "main de fer".

Les enfants du boss: La fille Rocío, pas con, et le fiston Ricardo, qui a le malheur de vivre dans l'ombre du padré.


Papa leur a trouvé un taf sur le port. La fille parce qu'elle sait bosser, le fils bah, parce que c'est le fil du caïd. Le mec se sait bon à rien, dans la même tranche de QI que son oncle. On n'est pas chez les HPI de Catalunia, c'est certain. Il est l'archétype du personnage qui est assez intelligent pour se savoir idiot, mais trop idiot pour trouver un échappatoire à sa situation.


Alors qui dit port, dit trafic. Enfin en Espagne, en France c'est plutôt grève des dockers, ce qui gène forcément les trafics et donc, compliqué de placer ce genre d'histoire dans le port de la Ciotat.


C'est donc dans le trafic de cam haute intensité que la famille trempe. Rien à voir avec la série ricaine MIA, qui traite du même sujet mais de façon aussi tiède que l'océan qui borde la Floride tout en se voulant sérieuse. Ah, l'océan là-bas, t'as l'impression de rentrer dans du coton... Mais je m'égare.


Retour à Barcelone. Alors ce faisant, afin que ma petite entreprise ne connaisse pas la crise, y'a du corrompu de compétition qui gravite autour du noyau familial.


Et c'est ça que j'aime ici, c'est corrompu, mais naturel. Les protagonistes se sont trouvés naturellement.

Le chef du commissariat du port, Miki, est un pourri de première (aucun lien de parenté par contre). Une enveloppe règle les problèmes, mais une enveloppe plus épaisse peut en créer d'autres.


On va un peu plus loin avec Borrás, le blanchisseur d'oseille. Le gars est cadre financier au club du Barça. Fallait oser. C'est pas de la tisane de Ted Lasso. C'est d'ailleurs là qu'on voit que le trafic de came ne rapporte pas autant que les transferts de joueurs, sauf quand on cause réclusion. Mais tout le monde n'a pas la chance d'être manager de footballeur, même Ted Lasso (*).


Tout ce petit monde vit sa vie en attendant un chargement important d'héro qui doit arriver d'ici 48h, sobrement appelé "El correo del Zar" (le courrier du Tsar) parce qu'il y a encore la mafia russe derrière hein, c'est signé ! En fait non, il vient du Mexique et le nom russe du colis vient du fait, toute en subtilité mexicaine, qu'il est plaqué dans des matriouchki.

Nos Mexicains sont d'ailleurs du voyage, chargés qu'ils sont de récupérer 40 millions d'euros en échange de la came. Ils sont les deux gamins du chef narco. L'ainé, complètement cintré, traumatisé quand il était gamin est persuadé qu'il va mourir à Barcelone et la cadette, sorte de garçon manqué cintré aussi, mais pas de la même façon.


Vous vous en doutez, la came va disparaitre et ça va être le bordel. Suspicions partout, atmosphère qui s'alourdit, tout le monde se suspecte et on découvre qu'il y a de l'infiltré dans le mélange... C'est un peu le cocktail classique de ce genre de production.


Bon alors, qu'est-ce qui peut gêner la vision de la série.


Pour aller plus loin, je vais par moment dévoiler des pans de l'histoire, difficile de faire sans. Désolé.


Premier écueil : les flashbacks, incessants.


J'aimais pas du tout étant plus jeune, aujourd'hui, ça me dérange moins. Mais y'en a quand même beaucoup. De plus, ils se passent à différentes époques et concernent quasiment tout le casting, alors faut suivre. J'y arrive parce qu'ils sont bien foutus, mais ça peut perturber l'histoire.


Accessoirement, ils permettent de suivre l'histoire du caïd car ce personnage va passer toute la saison en dehors des 2 premiers épisodes sur un lit d'hopital, et dans le coma en plus, à cause d'un tentative d'assassinat.


Deuxième écueil : les fusillades


Il y en a plusieurs, et à chaque fois on a du mal à accrocher, ça semble trop artificiel. La plus illogique étant celle où les deux équipes d'intervention se font littérallement laminer par les trafiquants, ça sent vraiment l'amateurisme.

Les flics connaissent le terrain, sont renseignés sur les forces en présence, et se font fumer comme des bleus.


Troisième écueil : les poursuites en voiture


C'est un truc récurrent dans les films et séries modernes. Les villes où sont tournées les scènes de poursuites obligent les véhicules à respecter le code de la route lorsque les véhicules sont sur la chaussée. Alors ça roule doucement, touuuuut doucement. Et même quand on tente de masquer le truc avec le subterfuge tout pourri qui est de secouer la caméra comme un prunier à s'en faire péter les lentilles, la ruse ne prend plus.


Le cas est flagrant lors de la poursuite décisive des Espagnols contre les Mexicains, au début de l'épisode 8, qui va conditionner la fin de la saison et certainement une partie dela saison suivante (si saison suivante il y a... évidemment).

Cette poursuite, c'est le téléferico del puerto (Transbordador aeri del port pour ne pas fâcher les Catalans) contre grosse bagnole et moto pas trop molle. Et quand on a l'habitude de la balade barcelonaise (ce pourquoi je raconte ma vie en introduction) et bien on sait qu'un simple scooter 125 arrivera avant le téléphérique et non après. Alors si c'est une moto qui envoie du lourd et se faufile, l'affaire est pliée.

Or nos Espagnols arrivent après le téléphérique et foirent donc l'interception. Pirouette scénaristique toute pourrie qui n'aurait pas pu arriver dans la vraie vie.

J'ai eu l'occasion de le faire moult fois et sans rouler au train d'enfer que sont censés enquiller les gros 4x4 Audi machin ou Porsche truc. Non vraiment, ça colle pas du tout.


Une interrogation : les morts


Faut les avoir en béton pour sacrifier dès le 6èm épisode de la première saison deux personnages principaux. Carrément. L'histoire, la façon dont les choses se déroulaient le nécessitait logiquement, mais c'est une des rares fois où une série ne prend pas de gants. Bien des séries auraient balancé un twist pourri pour faire survivre l'un des deux, voire les deux. Là, c'est plié, game over.

L'histoire avant tout, c'est ce que j'aime.

Mais je trouvais les persos attachants, alors ça risque de faire une vide pour la suite.


Adios amigos, on se retrouve pour la saison 2. Eventuellement.



(*) Pourquoi Ted Lasso ? Que vient-il faire dans cette histoire ? A cause d'une critique, une simple critique, mais une excellente critique, de la part d'un homme grenouille. je ne connais pas la série, mais la critique est si remarquable que ça m'a donné envie de parler de Ted Lasso. Chapeau monsieur le frogman ! Par contre, j'ai carrément plus envie de voir cette série.

bob-razovski
7
Écrit par

Créée

le 7 sept. 2026

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