Près de quinze ans après la dernière apparition de l'ignoble J.R. Ewing, celui-qu'on-aime-détester, Dallas est revenu en 2012, le temps de trois saisons, qui n'est autre qu'un prolongement de la série originelle ; les déchirements de la famille Ewing. Sauf qu'ici, c'est centré entre le fils adoptif de Bobby, Christopher, et le rejeton de J.R., John Ross.

Le coup de génie des producteurs a été de convoquer à nouveau les anciens emblématiques de Dallas, à savoir Patrick Duffy (Bobby), Linda Gray (Sue Ellen), et bien entendu Larry Hagman, toujours aussi impérial dans le rôle de sa vie, à savoir J.R., toujours aussi pourri, même avec quelques cheveux blancs.
Pour agrémenter ce casting de routards, on y trouve Jesse Metcalfe, Josh Henderson, Jordana Brewster et Julie Gonzalo. Il est d'ailleurs intéressant de constater que plusieurs des acteurs de la série ont déjà joué dans Desperate Housewives, qui est assimilée également au soap opera.

Je connais assez bien la série d'origine pour en avoir vu des épisodes ça et là, ainsi que les téléfilms de conclusion, et également par les oui-dires, car ce fut assidument commenté à l'époque, notamment sur le fameux "Qui a tué sur J.R. ?" qui aura fait les choux gras de la presse. Là, les codes du genre sont respectés, et c'est totalement identique à 1978, à tel point qu'on peut parler de suite pour cette version 2012.
Tout y est ; les mensonges, les adultères, les secrets, les morts, le fric, le pétrole, Southfork, et J.R., qui restera quoi qu'il arrive LA proue de la série, celui qui a fait tenir Dallas durant près de 35 ans. Sauf que, je ne vous apprends rien, Larry Hagman est décédé en 2012 d'une longue maladie, et donc cette fois J.R. est mort pour de bon, durant la seconde saison. La scène est d'ailleurs très touchante, autant pour l'image que le personnage ainsi que l'acteur auront imprimés dans la rétine des spectateurs.
Conscients de l'apport qu'apporte J.R. à la série, les producteurs vont quand même le faire intervenir indirectement via son testament, et d'autre coups bas qu'il va continuer à faire par-delà la mort. Je ne veux pas en dire trop, mais il y a énormément de retournements de situations dans cette série, avec l'arrivée progressive de nouveaux personnages dans les trois saisons, jusqu'à une fin terriblement frustrante.

En effet, la série s'est arrêtée au terme de son quarantième épisode, sur une fin qui laissait largement d'autres histoires, dont une mort très importante qui survient dans les dernières secondes, mais la disparition de Larry Hagman, ainsi qu'une baisse de qualité de la troisième saison, referment la porte à toute autre suite de Dallas.

On peut gloser sur les jeunes acteurs pas souvent au top (quoique Josh Henderson devient de plus en plus intéressant au fur et à mesure qu'il s'affranchit de l'aura de son père, J.R.), le ridicule des scènes de sexe (qui sont toutes habillées), et le fait que la série soit au fond une gigantesque publicité pour les produits Microsoft (tablettes Surface et Windows Phone à gogo !). Mais qu'importe ; Dallas est resté pour moi un grand plaisir coupable, coup de chapeau d'ailleurs d'avoir à nouveau proposé un générique français dans le ton de celui de 1978. C'est une série qui n'a que très peu pris compte des innovations en matière de télévision depuis lors. Mais il y a J.R., sans aucun doute l'un des meilleurs personnages jamais crée dans les séries T.V., et rien que pour ça, immense respect à Larry Hagman !
Boubakar
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le 8 févr. 2015

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Boubakar

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