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90 critiques
Un banger
Au départ, je n'étais pas emballée par le synopsis. Mais j'ai pour principe de laisser leur chance aux animes et de regarder au moins le 1er épisode. Et puis, j'avais tellement entendu parler du...
le 27 déc. 2024
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Dandadan est un excellent Shōnen ! J'ai regardé entièrement l'animé en VOSTFR, en suivant chaque épisode en hebdomadaire sur Crunchyroll mais j'ai uniquement lu le premier tome du manga.
L’histoire nous entraîne dans la rencontre improbable de deux lycéens, Momo Ayase, fascinée par le surnaturel, et Ken Takakura, dit Okarun, passionné par les extraterrestres. Chacun campant sur ses croyances, ils décident de se lancer un défi : Momo explore un lieu réputé hanté tandis qu’Okarun s’aventure dans un endroit lié aux aliens. Mais ce qui devait être une simple confrontation d’idées se transforme en une aventure déjantée où fantômes, malédictions et créatures venues d’ailleurs bouleversent leur quotidien et scellent leur destin. Entre comédie absurde, affrontements spectaculaires et émotions sincères, c’est le début d’une romance survoltée où l’occulte et le paranormal s’entremêlent dans un chaos haletant.
Avant d’argumenter, une question se pose : comment cette œuvre parvient-elle à jongler entre l’humour absurde, les combats spectaculaires et les moments d’émotion sincère ?
Eh bien, de manière générale, cet animé est excellent car il réussit en intégrant ces registres directement dans la progression de l’histoire. Les situations comiques naissent souvent de quiproquos ou de détails volontairement exagérés comme la perte d’un attribut physique qui devient un ressort humoristique récurrent, ou encore des scènes de gêne sociale qui contrastent avec l’intensité des affrontements. Les combats, eux, sont mis en scène avec une énergie débordante : monstres surnaturels, extraterrestres et malédictions s’enchaînent dans des affrontements nerveux, où l’animation fluide et inventive accentue la tension dramatique. Mais derrière cette folie visuelle, l’émotion trouve toujours sa place : les personnages, qu’il s’agisse de Momo, Okarun ou de leurs alliés, révèlent leurs fragilités, leurs jalousies et leurs premiers émois amoureux, ce qui donne une profondeur inattendue à leurs interactions.
Parmi une situation comique, la perte de ses “baloches” ou de ses “couilles en or” d’Okarun fait partie intégrante de l'humour de Dandadan mais qui en réalité n'est pas simplement de l'humour “mal placé” ou de l'“humour noir” voir du fan service mais une VRAIE tradition TRÈS sérieuse au Japon qui s'appelle le kintama. Le kintama n’est pas simplement comique car derrière l’apparente absurdité de cette “perte de couilles en or” se cache une métaphore identitaire puissante, enracinée dans le folklore japonais. Le kintama, littéralement “boules dorées” est un terme d’argot pour désigner les testicules mais il renvoie aussi à une tradition bien connue au Japon : celle des Bake-danuki, ces tanuki mythologiques capables de métamorphoses grâce à leurs organes génitaux surnaturels. Dans ce contexte, les testicules deviennent un symbole de transformation, de pouvoir magique mais aussi de virilité et de chance.
Pour adapté ça à un public international, l’animé doit jongler avec des sensibilités différentes. Pour un européen ou américain, l’idée de mettre en avant les testicules comme ressort narratif peut sembler étrange, voire déplacée. L’adaptation a donc choisi une approche double : la traduction littérale et comique en VOSTFR gardent l’aspect absurde (“baloches”, “couilles en or”), ce qui conserve l’humour immédiat et décalé. Et la mise en scène visuelle qui permet à l’animation de jouer sur l’exagération, les quiproquos et les réactions des personnages, ce qui permet de transformer un élément culturel inconnu en gag universel. Même sans connaître la tradition du kintama, l'animé garde le côté comique. Ainsi, en ne censurant pas cette référence et en respectant le folklore, l’animé garde intacte la tradition japonaise, tout en la rendant accessible par le rire et la mise en scène.
Concernant les personnages principaux, il y a deux personnages qui m'interpellent. Il s’agit d'Okarun et de Momo. Pour Okarun :
Le kintama prend ainsi une dimension narrative et psychologique. Okarun est un adolescent timide, introverti, passionné d’ufologie, souvent moqué pour son apparence et son comportement. Il incarne le stéréotype du “loser” romantique, maladroit mais sincère. En lui retirant ses “baloches”, il matérialise sa perte de confiance et son sentiment d’impuissance, ce qui le place dans une quête de réappropriation de soi. Ce n’est pas un hasard si cette perte survient au moment où il commence à s’ouvrir à Momo : c’est une crise identitaire, une mue symbolique. Mais l'animé ne s’arrête pas à la moquerie. L’animé, tout en conservant l’humour absurde de la situation, met en scène la reconquête de cette virilité perdue non pas comme une revanche machiste, mais comme un chemin vers l’acceptation de soi. Okarun ne devient pas plus fort en “retrouvant ses couilles” mais en apprenant à se battre pour ce qui lui est cher, en assumant ses sentiments, en dépassant ses complexes. Le kintama devient alors un artefact narratif, un catalyseur de croissance personnelle.
Et Momo :
Elle est une figure de stabilité et de vitalité. Sa présence est marquée par une énergie directe, une sensibilité héritée de sa grand-mère médium et une capacité à affronter l’inexplicable avec assurance. Là où Okarun incarne la maladresse et l’introversion, Momo se distingue par une franchise qui lui permet de prendre les devants, tout en gardant une profonde empathie pour ceux qui l’entourent. Sa personnalité mêle courage et pudeur : elle sait se montrer combative face aux entités surnaturelles, mais révèle aussi une tendresse discrète dans ses relations, notamment lorsqu’il s’agit de ses sentiments naissants. Cette combinaison de force et de délicatesse lui confère une dimension essentielle dans l’équilibre narratif de l’œuvre, car elle relie l’humour décalé, l’action intense et l’émotion sincère en un même souffle.
Ils forment ainsi le duo le plus complémentaires qui se stimulent mutuellement. Leur relation est une dynamique ascendante, où humour, action et émotion se nourrissent de cette réciprocité. Les autres personnages, comme Mémé-Turbo avec son grotesque folklorique, Aira Shiratori avec sa fougue adolescente et Jin Enjōji (Jiji) avec sa sensibilité tragique, enrichissent l’univers en apportant chacun une tonalité unique entre humour, action et émotion.
L’animation et le chara-design brillent par leur énergie. Les combats explosifs côtoient des visages tantôt grotesques, tantôt sublimes, capables de passer du comique à la tendresse en un instant, tandis qu’Okarun, avec ses mimiques maladroites et ses éclairs de courage, incarne parfaitement cette fluidité visuelle qui traduit son évolution intérieure. Au niveau de la bande-son, j'aime beaucoup l'opening qui transmet toute l’énergie déjantée et l’ending qui apporte une touche plus douce et introspective. Quant à l’OST, il correspond parfaitement aux ruptures de ton, alternant entre tension dramatique, humour absurde et émotion sincère. Tout ce qu'il faut pour définitivement l'adorer ! Bref, c'est une véritable révélation et l’animé qui m’a le plus marqué en 2024 !
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les meilleurs animes japonais, Les animes japonais avec les meilleures bandes-son, Les meilleurs animes Shōnen, Les animés qui ont changé ma vision du monde et Les personnages qui ont touché mon âme à travers les animes japonais
Créée
le 30 nov. 2025
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