J'ai commencé cette série en pensant regarder une enquête autour d'un enfant abandonné. Mais ce n’est pas son véritable sujet. Lorsque Lion apparaît blotti devant la porte de Hiroto et Michito, les questions se multiplient. Qui est-il ? Pourquoi a-t-il été laissé chez eux ? Hiroto cherche des réponses tandis que son jeune frère, autiste, voit son quotidien méticuleusement organisé totalement pulvérisé par l'énergie de cet enfant.
Trois enquêtes se déroulent en parallèle : celle d'Hiroto, plus sensible et presque mémorielle ; celle de Kudo, journaliste, plus offensive ; et celle du policier, plus factuelle. À travers elles, la série interroge trois manières de rechercher la vérité. Kudo, d'abord animée par la recherche d'un scoop, se trouve peu à peu rattrapée par l'éthique, tandis que l'enquête du policier rappelle que la vérité judiciaire ne dit pas toujours toute la vérité humaine. La série rappelle ainsi que toute vérité ne se révèle ni de la même manière ni au même moment. C'est intriguant et déstabilisant. L'enquête ne consiste plus à désigner un coupable. Elle devient une manière de comprendre les choix impossibles que certaines personnes sont contraintes de faire pour protéger ceux qu'elles aiment.
Au fil des épisodes, à mesure que l'issue se rapproche, le mystère s'efface peu à peu pour laisser place aux véritables thèmes de la série. En parler davantage reviendrait presque à révéler l'histoire, et ce serait dommage. Sachez simplement qu'il est question de famille, de sacrifice et de culpabilité. Chaque révélation éclaire un personnage, ses blessures, ses renoncements ou ses espoirs.
L'autisme est traité avec beaucoup de justesse et Ryôta Bandô donne une vraie authenticité à Michito. Jamais la série ne fait de sa différence un ressort dramatique. Elle montre simplement qu'il existe différentes façons d'aimer, de prendre soin des autres et de construire un lien.
Le cœur de la série ne réside finalement pas dans son enquête, mais dans les liens qui se tissent entre Michito, Hiroto et Lion. Chacun apprend peu à peu à accueillir l'autre malgré ses peurs, ses habitudes ou ses blessures. Sans jamais tomber dans le pathos, Dans Notre Tanière montre comment une famille peut devenir un refuge. Aoi protège Lion, Hiroto protège Michito, puis Michito, à son tour, apprend lui aussi à protéger Lion.
Une série profondément humaine, parfois maladroite dans sa construction, (je me suis sentie un peu perdue par moments), mais suffisamment sensible, sans être larmoyante, pour que l'on s'attache à chacun de ses personnages.
Elle rappelle finalement que l'amour ne se mesure pas seulement aux liens du sang, mais aussi à la capacité d'offrir un refuge à celui qui en a perdu un.