Les premiers épisodes donnent l'impression d'être devant une série tout à fait atypique. Le côté allemand, déjà, et puis le télescopage entre la description d'une petite ville vivotant à l'ombre d'une grosse centrale avec un mystère temporel des plus séduisant. Las, à l'instar de sa direction artistique qui tourne vite en rond, l'intrigue de la saison 1 délaisse progressivement une troublante étrangeté pour un recyclage lourdingue de tout ce que l'on a déjà vu dans le genre. C'est à ce titre assez étonnant, parti d'une sorte de récit à la Stephen King, on finit par patauger joyeusement dans une version dépressive de Retour vers le futur... avant de se conclure avec une proposition qui te fait regretter amèrement les quelques heures que tu as consacré à cette série.
Bref, soyons pas trop vache et allons voir la saison 2. Ca a beau tourner en rond de manière un peu chiante, l'intrigue arrive à jongler avec quelques bonnes idées (les choses qui se créent d'elles mêmes, objet ou personnage, grâce aux paradoxes temporels par exemple), il semble que ça soit la seule chose qu'elle semble pouvoir faire pour nous faire oublier que l'histoire sombre lentement dans les méandres d'un soap temporel aux ficelles tarabiscotées. La série devient alors aussi intéressante que de démêler des câbles retors et finit, bien sûr, par lasser... Je n'avais plus grand chose à foutre de ce qui se passait lorsque je me suis tapé le twist de la fin de saisons 2 en pleine goule. Je m'y attendais pas et je dois avouer que la malhonnêteté roublarde des auteurs m'a positivement impressionné. Puisqu'à partir de là, c'est bon, les vannes du nawak sont ouvertes, allions-nous vers un show qui se serait délestés de ses oripeaux déprimants pour arriver vers une troisième saison résolument gogol ? Au bout d'un demi épisode de la saison 3, j'ai capté qu'il allait falloir que je me motive sérieusement pour aller jusqu'au bout. Dark tente alors le tout pour le tout et accumule les twists faisandés alors que tout prend l'eau. Heureusement, la série ne naviguait pas en grandes eaux. Ce qui ne l'empêche pas non plus de se noyer dans le pédiluve.
Bref, Dark, la série tourne autour d'un petit monde qui n'est habité que par 12 personnages, une seule petite ville qui disparait corps et biens après quelques épisodes seulement, décors, figurants... rapidement il ne reste plus que les personnages principaux qui s'agitent dans un milieu clôt, fini. Qui passent leur temps à se causer dans des pièces. Toujours les mêmes. Comment croire que l'histoire se déroule sur plus de 150 ans lorsque personne ne quitte jamais ce petit bled dans la forêt ? Pourquoi le voyage dans le temps, invention/découverte quand même plutôt étonnante et aux débouchés plutôt vastes et enthousiasmants, n'est utilisé que comme un vulgaire ascenseur ? Pourquoi les personnages se sentent-ils toujours obligés de parler comme s'ils imitaient le père Fourras, en baissant la voix pour ânonner des phrases énigmatiques reulous ?
Qu'ont fait les personnages entre l'âge de 20 ans et l'âge de 80 ans ? N'ont-ils pas voyagé ? Vécu des aventures ?
Au final, ce truc qui bouffe à tous les rateliers sans scrupule n'est jamais à la hauteur de son sujet. Dommage parce que l'idée de mélanger Terminator, Stephen King et Retour vers le futur, à défaut d'être une bonne idée, avait au moins le mérite de... euh. Le mérite de... le mérite d'être une alternative sympa à BFM TV, et ça, c'est pas rien. Je conseille donc cette série.

MelvinZed
3
Écrit par

Créée

le 25 sept. 2020

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